L’Assurance Maladie Universelle change d’échelle. Du 9 au 11 septembre 2026, le Grand Hôtel 30 Août de Kpalimé accueille un séminaire de renforcement de capacités dédié à l’AMU, réunissant les entreprises d’assurance du secteur privé autour des enjeux d’une réforme désormais au cœur de la politique sociale du pays.
La cérémonie de lancement a été présidée par le ministre de la Santé, de l’Hygiène Publique, de la Couverture Sanitaire Universelle et des Assurances, M. Jean-Marie Koffi Ewonoule TESSI.
L’AMU, « le socle de notre politique nationale de protection sociale »
Pour le ministre, il ne s’agit pas d’un simple ajustement technique.
> « L’AMU n’est pas une simple réforme technique, c’est le socle de notre politique nationale de protection sociale », a-t-il déclaré.
Cette réforme s’inscrit, selon lui, dans la vision portée par le Président du Conseil, Son Excellence Faure Essozimna GNASSINGBE, qui place la protection des populations, l’équité, la cohésion sociale et l’amélioration de l’accès aux soins au centre de l’action publique.
L’objectif est clair : garantir un accès équitable aux soins et protéger les Togolais contre la précarité financière liée à la maladie
Le secteur privé des assurances : un levier de croissance, pas un frein
Point central du message ministériel : le rôle des compagnies privées dans le nouvel écosystème.
Le ministre a invité les assureurs à considérer la généralisation de l’AMU et son régime de base non comme une concurrence, mais comme *une fondation sur laquelle construire.
> « Les compagnies d’assurance privées ne doivent pas voir en l’AMU un frein, mais un formidable levier de croissance et de pénétration du marché », a-t-il affirmé.
Concrètement, il les appelle à :
1. Ajuster leurs offres pour proposer des couvertures complémentaires solides et accessibles
2. Affiner leurs techniques de tarification
3. Adapter la gestion des prestations* au nouveau cadre légal
L’idée : un marché qui se développe autour du socle universel, avec des produits innovants pour ceux qui souhaitent aller au-delà du panier de soins de base.
Assainir, moderniser, lutter contre la fraude : le pari du partenariat public-privé
Au-delà du business, le ministre voit dans l’AMU une opportunité d’assainir toute la branche maladie.
Il a appelé à un partenariat renforcé entre l’État, les organismes gestionnaires et les compagnies privées pour combattre plus efficacement la fraude à l’assurance maladie et moderniser les outils de gestion.
> « J’appelle tous les acteurs au professionnalisme, à l’engagement et à la responsabilité collective, afin de garantir la réussite et la pérennité du système », a-t-il insisté.
Comprendre l’AMU pour mieux la déployer
Pendant trois jours, les travaux de Kpalimé visent une mise à niveau commune. Au programme : fondements de l’AMU, principes, mécanismes de gouvernance et modalités de prise en charge.
L’enjeu est de permettre à chaque acteur de trouver sa place dans la chaîne et d’éviter les zones de flou qui freinent le déploiement.
En ouvrant le séminaire, le ministre a formulé un vœu :
> « Faire de l’AMU non seulement une réforme institutionnelle, mais une réalité vécue par chaque citoyenne et chaque citoyen. »
Une ambition qui, pour le gouvernement, passe nécessairement par une collaboration renforcée entre le public et le privé. L’objectif final : construire durablement un système de protection sociale plus inclusif et plus performant pour tous les Togolais.

