Produire ne suffit plus. Le Togo change de modèle. Avec la Feuille de route 2020-2025, le pays est passé de la course aux volumes à la course à la valeur ajoutée. L’objectif : que la richesse reste au Togo.
Le virage est chiffré. 20 milliards de FCFA mobilisés en crédits intrants et subventions pour sécuriser la matière première. Sans producteurs financés, pas d’usines qui tournent. C’est le premier maillon.
Le second est industriel : 7 centres de transformation agricole construits dans l’Agropole de la Kara, 5 aires d’abattage modernes mises en service, et plusieurs laboratoires de contrôle qualité opérationnels.
La logique est implacable. Une tonne de maïs vendue brute ne vaut rien face à une tonne transformée en farine. Un fruit frais pourrit ; transformé et conditionné, il se conserve, s’exporte et crée de l’emploi.
Le Togo a compris que la vraie performance agricole ne se mesure plus en hectares semés, mais en emplois créés et en valeur captée entre la terre et le marché.
En articulant financement, transformation et contrôle qualité, le pays ne construit plus seulement une agriculture pour nourrir, mais une agro-industrie pour peser.
Les fondations ont été posées de 2020 à 2025. La Feuille de route 2026-2031 doit maintenant consolider la mue : faire dialoguer définitivement le champ et l’usine.
Prudence AFANOU

