Il n’y aura pas de calendrier de délestage. Et ce n’est pas de la mauvaise volonté.
Invité du JT de 20h sur la TVT ce 20 octobre, le DG de la CEET, Ilagou Ayeva, a dit ce que beaucoup d’abonnés ne voulaient pas entendre, mais qu’il fallait dire.
Non, les coupures ne viennent pas d’une facture impayée de la CEET à un fournisseur. La rumeur est fausse.
La réalité est plus technique, et plus inquiétante : le Togo tourne au ralenti parce que le gazoduc qui le nourrit est à l’arrêt.
Le West African Gas Pipeline (WAPCo), qui transporte le gaz du Nigeria vers le Togo, le Bénin et le Ghana, subit une maintenance préventive majeure. Sans elle, c’est tout le système qui risquait la panne.
Cette maintenance aurait dû avoir lieu en juin-juillet, quand il fait moins chaud et que Lomé consomme moins. Elle a glissé en octobre, en pleine canicule, « à cause des difficultés des prestataires à mobiliser le matériel à temps dans un contexte international tendu », a expliqué le DG.
Conséquence directe : les centrales togolaises, privées de gaz bon marché, ont été basculées en urgence au combustible liquide, au fioul.
C’est ce basculement qui explique tout :
1. Pourquoi ça coupe : une centrale au fioul produit moins d’électricité qu’au gaz. L’offre ne suit plus la demande qui explose avec la chaleur.
2. Pourquoi on ne peut pas prévoir : le fonctionnement au fioul est instable. « La situation évolue d’heure en heure, c’est une crise sous-régionale », a insisté Ilagou Ayeva. Difficile dans ces conditions de promettre du courant à Agoè à 18h précises.
3. Pourquoi ça coûte cher : le fioul coûte beaucoup plus cher que le gaz. La CEET tourne actuellement à perte pour maintenir un minimum de service.
Le bout du tunnel ? Fin octobre. C’est la date annoncée pour la fin des travaux sur le gazoduc, avec un suivi du gouvernement pour éviter un nouveau glissement.
En attendant, le DG appelle à la compréhension. Mais son passage à la TVT a surtout eu le mérite de la transparence : ce n’est pas une crise togolaise, c’est une crise sous-régionale. Et elle montre à quel point le courant de Lomé dépend encore d’un tuyau qui vient de Lagos.
La rédaction

