Adakpamé a vécu un moment fort en symbole et en espoir ce mardi 6 octobre 2026. Dans la cour du CEG Adakpamé c’est toute une communauté qui s’est rassemblée pour saluer un acte de générosité rare. Sa Majesté Togbui LANKLIVI Adjikou 1er, chef traditionnel de Kpota-Colas, a officiellement lancé son vaste programme de dotation de 1000 tables-bancs au profit de tous les établissements publics scolaires de son ressort.
Pour cette première phase, 500 tables-bancs flambant neufs, solidement construits, ont été remis aux autorités éducatives. Un premier lot qui vient déjà soulager des salles de classe surchargées, en attendant les 500 prochains qui viendront parachever cette œuvre d’envergure.
Au-delà du chiffre, c’est une philosophie que porte le garant des us et coutumes. Celle d’une chefferie moderne, utile et proche de son peuple. En remettant les clés de ce mobilier, Sa Majesté n’a pas manqué d’insister sur la nécessité d’un partage juste et équitable, pour que chaque école, même la plus reculée, ressente les effets de cette solidarité. Et pour donner plus de poids à sa vision, il a tenu à rappeler le rôle historique de la chefferie.
« La chefferie traditionnelle est toujours à l’écoute de sa population. Elle prend en compte les problèmes de sa communauté et intervient pour trouver des solutions, dans la mesure de ses possibilités », a-t-il déclaré avec gravité. Pour Togbui LANKLIVI 1er, ce geste n’est pas de la charité, mais un devoir ancestral : « le partage et l’entraide constituent des valeurs héritées des ancêtres et indispensables au vivre-ensemble. »
L’émotion était palpable chez les élèves. Leur représentante a trouvé les mots justes pour traduire ce que ce don représente. « En nous offrant ces tables-bancs, vous ne nous donnez pas seulement du mobilier en bois. Vous nous offrez le confort, la dignité et une motivation supplémentaire pour venir à l’école chaque matin », a-t-elle lancé, avant de plaider pour une autre urgence : la clôture du CEG pour garantir la sécurité. Une doléance dont le chef a pris acte, promettant de s’y atteler.
L’État ne peut pas tout faire seul
Ce projet de 1000 tables-bancs a trouvé un écho particulièrement favorable auprès des officiels. Présente au nom du ministre de l’Éducation nationale, Mme DJANI Kossiwa Mawunyo, Directrice régionale de l’Éducation, y a vu l’illustration parfaite du partenariat que l’État appelle de ses vœux. Selon elle, l’école doit être portée par tous.
« L’école est une affaire communautaire. C’est vrai que l’État fait ce qu’il faut, mais les besoins de l’école ne relèvent pas uniquement de la responsabilité de l’État. Les populations, notamment le secteur privé, à travers le partenariat public-privé, peuvent également apporter leur contribution pour améliorer la qualité de l’éducation », a-t-elle martelé, invitant d’autres leaders communautaires à suivre l’exemple de Togbui LANKLIVI.
Un appel d’autant plus pressant que la réalité du terrain est difficile, comme l’a dépeint avec crudité AZIAGBEDE Yawo, Président de l’Association des Parents d’Élèves du CEG d’Adakpamé. « Dès cette rentrée scolaire, il n’a pas été facile de gérer le flux important d’élèves que nous avons accueillis. Lorsque vous entrez dans nos salles de classe, vous constatez que les enfants sont parfois assis à trois sur un même banc. »
En initiant ce programme de 1000 tables-bancs, Sa Majesté Togbui LANKLIVI Adjikou 1er ne fait pas que meubler des salles de classe. Il restaure la dignité des apprenants, soulage les enseignants et rappelle à tous que le développement de l’éducation commence d’abord chez soi, dans sa communauté.
Prudence AFANOU 

