En trois ans, 898 établissements créés, 3 918 salles de classe construites et plus de 45 000 enseignants mobilisés. À la veille de la rentrée 2026-2027, le gouvernement togolais affiche un bilan massif pour une école qu’il veut plus inclusive, plus proche et plus performante.
C’est l’un des chantiers les plus visibles du quinquennat. De 2023 à 2026, le système éducatif togolais a bénéficié d’une série d’investissements d’envergure, destinés à agir sur tous les fronts : l’accès, les infrastructures, le capital humain et la qualité des apprentissages.
L’objectif politique est clair : moderniser l’école togolaise pour l’adapter aux mutations sociales, aux exigences d’un monde en constante évolution et aux besoins futurs de l’économie nationale. Une politique qui s’articule autour de sept axes stratégiques : l’équité d’accès, la qualité et l’excellence, l’adéquation formation-recherche avec les priorités nationales, l’innovation pédagogique et scientifique, la digitalisation, le développement des compétences citoyennes et transversales, et une gouvernance plus participative.
Une école qui se rapproche des populations
Le premier marqueur de cette transformation est territorial. En trois ans, 898 nouveaux établissements scolaires ont été créés sur l’ensemble du pays. Si l’année scolaire 2024-2025 avait constitué un pic avec 471 créations, le rythme, après un ralentissement à 184 établissements en 2025-2026, repart à la hausse avec 243 ouvertures prévues pour 2026-2027, soit 59 de plus que l’année précédente.
Une extension qui s’accompagne d’un effort sans précédent sur les infrastructures. Entre 2023 et 2026, le cumul de salles de classe construites ou programmées atteint 3 918. Dans le détail : 1 312 en 2023, 1 185 en 2024, 1 340 en 2025 et 81 prévues en 2026. Ce sont donc 2 606 salles supplémentaires qui viennent renforcer les capacités d’accueil et améliorer les conditions d’apprentissage.
Le pari du capital humain
Sans enseignants, pas de réforme. C’est le second pari, largement tenu. Entre 2024 et 2026, l’effectif global est passé de 36 914 à 45 233 enseignants, soit une hausse de 22,54% et 8 319 professionnels de plus dans les classes.
La progression la plus spectaculaire concerne le préscolaire, maillon essentiel de la réussite future, dont l’effectif grimpe de *40,22%, passant de 3 826 à 5 365 enseignants*. Le lycée affiche +29,86% et l’enseignement technique +25,59%. La dynamique se poursuivra à la rentrée prochaine avec le recrutement annoncé de *3 440 nouveaux enseignants fonctionnaires*, dont 304 spécialisés en mathématiques, physique-chimie et technologie, auxquels s’ajouteront 101 Fab managers chargés d’animer les FabLabs éducatifs.
À ces investissements structurels s’ajoute un bouclier social maintenu : la gratuité des frais de scolarité et d’examens du préscolaire au secondaire public, la couverture santé gratuite via l’assurance School AMU et le programme national de cantines scolaires, qui assure un repas chaud quotidien aux élèves du primaire dans les zones vulnérables pour lutter contre la malnutrition et l’abandon scolaire.
Des résultats qui progressent, mais à deux vitesses
Le dernier indicateur, celui de la performance, confirme la tendance. Les taux de réussite aux examens nationaux sont en nette amélioration.
Le BEPC passe de 44,09% en 2024 à 57,35% en 2026. Le BAC 2 général réalise un bond historique, de 44,61% à 82,17%, soit +37,56 points en deux ans. Le BAC 2 technique grimpe de 58,06% à 81,66%, le Brevet de Technicien de 61,34% à 78,14% et le CAP de 86,29% à 93,82%.
Seules ombres au tableau : le BAC 1 technique, qui recule de 60,71% à 53,76% et le BEP qui passe de 98,89% à 90,03%. Des contre-performances qui soulignent la nécessité de renforcer l’accompagnement dans les filières techniques intermédiaires.
Au-delà des chiffres, la mutation est aussi pédagogique. Classes de métiers, enseignement scientifique renforcé, déploiement des FabLabs, introduction progressive de l’anglais au primaire et création d’une Direction des enseignements privés pour mieux réguler le secteur : le Togo tente de faire de son école un levier d’employabilité.
Pour cette rentrée 2026-2027, le plus dur reste à faire : transformer l’investissement massif en qualité durable. Construire a été fait. Il faut désormais consolider, harmoniser les performances et ancrer l’école togolaise dans les compétences du futur.
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