Le BTP togolais veut tourner la page des pratiques douteuses. Réunis ce vendredi à l’IFAD-Bâtiment de Lomé-Adidogomé, les entrepreneurs du Groupement national des entrepreneurs du BTP du Togo ont ouvert les « Rencontres des entrepreneurs du GNEBTP-Togo ».
Au cœur des échanges : la fraude. Un fléau qui, selon le groupement, menace la survie même des entreprises et la qualité des infrastructures du pays.
Placée sous le thème _« Chaque collaborateur compte à prévenir la fraude, assumer ses responsabilités et protéger les ressources de l’entreprise »_, la rencontre visait à installer une culture de responsabilité partagée.
De la sanction à la sensibilisation
Le contexte est marqué par les récentes décisions de l’ARCOP. Plusieurs entreprises du secteur ont écopé de sanctions pour irrégularités dans les dossiers de marchés publics.
Pour Yawo Agbessi Tsogbé, Président du GNEBTP-Togo, il fallait réagir.
« Nous avons pris l’initiative d’organiser une rencontre avec l’ARCOP et nous sommes engagés à sensibiliser nos collègues sur les risques liés aux pratiques qui peuvent mettre en difficulté nos entreprises ».
Après une première phase axée sur les dirigeants, le groupement cible désormais les équipes techniques. Ce sont elles qui montent les dossiers d’appel d’offres au quotidien. Un état financier modifié, une référence gonflée, une pièce fabriquée : des gestes qui paraissent anodins mais qui peuvent valoir à l’entreprise une suspension de plusieurs années, une perte de marchés et, à la fin, des emplois supprimés.
Quand la fraude fragilise aussi le béton
La vigilance ne concerne pas que les papiers. Sur les chantiers, le détournement de matériaux reste une préoccupation majeure. Le président du GNEBTP prend l’exemple du ciment : un sac détourné, c’est un dosage qui saute, et donc un ouvrage dont la solidité est compromise.
Au-delà de la conformité, il est donc question de qualité et de durabilité.
« Notre ambition est de construire des entreprises solides, responsables et capables de traverser le temps. Nous voulons des entreprises qui puissent durer dix ans, cinquante ans, voire cent ans, et qui continuent à faire notre fierté et celle de notre pays, le Togo ».
Pour atteindre cet objectif, le GNEBTP mise sur trois valeurs : la transparence, l’intégrité et le respect strict des normes.
Cap sur les régions avec l’appui de NSIA Assurance
La dynamique ne s’arrêtera pas à Lomé. Après la région Maritime et le Grand Lomé, la campagne de sensibilisation se poursuivra dans les Plateaux, la Centrale, la Kara et les Savanes. Une plateforme d’échanges sera également mise en place pour prolonger le dialogue entre dirigeants et collaborateurs.
Le partenaire de cette offensive est NSIA Assurance. Pour son directeur général adjoint, Akueson Stéphane Senam, le secteur du BTP concentre des investissements lourds et donc des risques élevés.
« Construire comporte en effet des risques importants, qui peuvent entraîner la destruction d’investissements et de capitaux considérables. Il est donc essentiel de sécuriser les financements mobilisés pour la réalisation des ouvrages ».
NSIA met à disposition son expertise en assurance tous risques chantier, en responsabilité civile et en assurance décennale pour sécuriser les entreprises et les infrastructures sur le long terme.
Des professionnels en quête d’outils
Du côté des entreprises, le message est bien reçu. *Komi Mensan Adjaho*, directeur des moyens généraux à GTD SAS, retient l’essentiel :
« À l’issue de cette formation, je pense pouvoir être mieux outillé, acquérir les capacités et les compétences nécessaires pour prévenir les fraudes et éviter les erreurs qui pourraient compromettre notre entreprise ».
Avec cette série de rencontres, le GNEBTP-Togo veut poser les bases d’un secteur plus crédible. Des entreprises assainies, des chantiers conformes, des emplois préservés : voilà l’équation que le groupement entend résoudre pour accompagner durablement le développement du Togo.

