Ça ressemble à un scénario de thriller administratif. À Agoè-Nyivé 1, un mandat financier a été bloqué par le Trésor public il y a deux semaines. Motif : la signature de la maire AGUZE Akossiwa ne correspondait pas. Problème : selon la principale concernée, elle n’a jamais signé ce document.
L’affaire a mis à nu des dysfonctionnements profonds dans la chaîne de validation des actes à la mairie.
Le mandat qui n’aurait jamais dû sortir
Tout part d’une pièce financière classique : un mandat. Introduit dans le circuit de la commune, il arbore la signature de la maire.
Sauf que AGUZE Akossiwa assure n’avoir ni apposé cette signature, ni donné son accord. Elle l’a appris au retour du document, rejeté par le Trésor principal après contrôle.
En clair : un acte engageant la commune a circulé et a failli être exécuté sans l’aval de la première autorité.
« C’est moi qui l’ai reproduite » : l’aveu qui fait tache
Là où le dossier devient explosif, c’est avec la piste interne.
Selon des sources concordantes au sein de la mairie, un agent aurait reconnu avoir imité la signature de la maire pour faire avancer la pièce. Une pratique qui, si elle est avérée, relève d’une grave entorse aux règles administratives.
Autre zone grise : le document porte aussi *le paraphe du Secrétaire Général*. Comment a-t-il été présenté ? Le SG avait-il des doutes ? A-t-il vérifié l’authenticité avant de parapher ?
Lors d’une réunion interne, le Secrétaire Général a donné une autre version. Il aurait affirmé que la maire a bien signé, mais « sous fatigue ou pression », d’où une signature différente.
Deux récits, une seule pièce. L’écart entre les versions rend aujourd’hui toute clarification indispensable.
Qui a laissé passer ? La chaîne de responsabilité pointée
Au-delà de la signature, c’est tout le parcours du document qui interroge.
Qui l’a rédigé ? Qui l’a validé ? Qui l’a envoyé au Trésor ?
Le fait qu’un mandat contesté arrive jusqu’aux caisses de l’État pose la question de l’efficacité des garde-fous dans les collectivités.
« On ne signe pas à la place du maire comme on prend un parapheur. Une signature engage la collectivité et engage pénalement. Quand ça lâche à la base, tout s’écroule », note un responsable administratif.
Vers un « faux et usage de faux » ?
Côté juridique, l’imitation de signature sur un document financier n’est pas anodine. Les spécialistes évoquent potentiellement les délits de faux et d’usage de faux.
Reste à établir l’intention : urgence, contournement de procédure, tentative de décaissement ? Sans mobile clair, il est difficile de mesurer la gravité exacte des faits. Aux autorités compétentes désormais de qualifier.
La maire exige la lumière
Pour AGUZE Akossiwa, il n’y a pas de débat : elle n’a pas signé. Elle réclame que toute la lumière soit faite sur ce mandat « fantôme ».
L’affaire dépasse le cas d’un seul document. Elle renvoie à la sécurisation des actes, à la traçabilité et à la responsabilité de chaque agent, du bureau jusqu’au paraphe final.
À Agoè-Nyivé 1, les habitants attendent des réponses. S’agit-il d’un acte isolé ou du symptôme d’un laxisme plus profond ?
Le dossier est ouvert. La suite dépendra de la volonté de la mairie de faire le ménage dans ses procédures, et de la diligence des enquêtes à venir.
La rédaction

