Après avoir parlé d’audace et d’initiative, le Programme Vacances Utiles aux Jeunes (PVUJ 2026) a abordé ce mardi un terrain plus discret mais tout aussi décisif : la réputation.
Au CEG Adakpamé, la deuxième journée de formation a été consacrée au panel _« E-réputation et Étiquette »_, sous la conduite de Mme Kayi Dogbé. Docteure en Droit public, spécialiste de la gouvernance et enseignante-chercheuse, elle est venue rappeler aux près de 1000 jeunes présents une évidence de l’ère digitale : sur internet comme dans la vie, l’image est un capital.
Votre profil vaut plus que votre produit
D’entrée, la conférencière a repositionné le débat. Pour un jeune entrepreneur, les réseaux sociaux ne sont plus un simple espace de divertissement. Ils sont devenus vitrine, portfolio et première lettre de recommandation.
L’_e-réputation_ est cette opinion collective qui se construit à partir de chaque publication, chaque commentaire, chaque photo ou vidéo partagée.
« Ce que vous publiez aujourd’hui peut construire ou détruire votre image de demain », a martelé Mme Dogbé. L’avertissement vise juste : un post irréfléchi, une réaction épidermique ou une photo mal choisie peut suffire à fermer la porte à un partenaire ou à un investisseur.
Dans ce contexte, la recommandation est de passer d’une présence subie à une identité choisie. Mettre en avant ses compétences, ses projets, ses valeurs. Et traiter la critique avec mesure plutôt que de s’enliser dans des polémiques stériles.
Le savoir-être, nouvelle compétence business
Le second volet du panel a porté sur l’_étiquette_. Loin des clichés, il ne s’agit pas de simples « bonnes manières », mais d’un ensemble de codes professionnels qui fondent la confiance.
Ponctualité, respect de la parole de l’autre, maîtrise du langage, tenue adaptée, capacité à gérer un désaccord : autant de signaux que les clients, collaborateurs et investisseurs décodent en permanence.
« Les compétences techniques seules ne suffisent pas. Votre manière de vous comporter et de communiquer détermine votre crédibilité », a souligné la juriste. Dans un environnement concurrentiel, le savoir-être devient donc une compétence technique à part entière.
Le droit rattrape le clic
Mme Kayi Dogbé a conclu sur un rappel juridique. Le Togo s’est doté de textes qui encadrent l’usage des TIC et la protection des données personnelles. L’espace numérique n’est donc pas un territoire sans règles.
Elle a invité les participants à adopter 5 réflexes : réfléchir avant de publier, vérifier avant de partager, éviter injures et diffamation, sécuriser ses données et celles de ses proches, respecter la vie privée d’autrui.
Une semaine pour professionnaliser les vacances
Initiée par la JEMD avec l’appui de Togbui Adjikou Lanklivi Ier, la session du PVUJ 2026 se poursuit jusqu’au 5 septembre.
Après l’esprit d’entreprendre et la maîtrise de l’image, les prochains jours s’attacheront à fournir d’autres outils concrets. L’objectif affiché reste le même : faire de ces vacances un sas de professionnalisation pour une jeunesse togolaise appelée à bâtir, et à bien se présenter pour le faire.

