Connecter chaque Togolais, partout et à moindre coût. C’est l’ambition qui a guidé l’adoption, ce jeudi 30 juillet 2026 en Conseil des ministres, d’un nouveau décret modifiant le régime des redevances d’utilisation des fréquences radioélectriques.
Sous la présidence de S.E.M. Faure Essozimna GNASSINGBÉ, le Gouvernement a choisi de revoir sa copie pour s’adapter aux réalités technologiques et combler la fracture numérique, notamment dans les zones les plus reculées.
Le décret adopté modifie le tableau n°16 de l’annexe 2 du décret de 2023 qui fixe les frais dus par les opérateurs de télécommunications. Mais cette fois, il ne s’agit pas d’une simple mise à jour comptable.
Le Gouvernement a intégré dans la grille tarifaire les spécificités des nouveaux services : l’Internet des objets, les communications Machine-to-Machine et surtout les services satellitaires à bas débit.
L’objectif est clair. Rendre viable économiquement le déploiement de ces technologies au Togo. En ajustant les redevances, l’État veut lever un frein majeur à l’investissement et encourager l’arrivée d’opérateurs spécialisés capables d’offrir des solutions là où la fibre et la 4G classique n’arrivent pas encore.
Cette réforme tarifaire n’est pas une fin en soi. Elle est un levier au service de secteurs entiers.
En agriculture, elle doit permettre le déploiement de capteurs connectés pour l’irrigation intelligente et le suivi des cultures.
En santé, elle va faciliter la télémédecine et le transfert de données médicales depuis les centres de santé ruraux.
En matière de gestion de l’environnement et de logistique, elle ouvre la voie à la traçabilité des marchandises et à la surveillance des ressources naturelles en temps réel.
Bref, il s’agit de faire du numérique un outil concret de productivité et de service public, y compris hors des grands centres urbains.
Cette décision s’inscrit directement dans la stratégie nationale de transformation digitale. L’ambition affichée est une couverture numérique intégrale du territoire togolais.
En favorisant l’installation d’opérateurs spécialisés dans le satellite et l’IoT, le Gouvernement mise sur la complémentarité des technologies. Là où les réseaux terrestres sont coûteux à déployer, le satellite et les réseaux bas débit peuvent faire la différence et apporter une première connexion vitale.
C’est aussi un pari sur l’innovation. En rendant l’accès aux fréquences plus adapté, le Togo veut stimuler l’émergence de start-up et d’entreprises locales capables de développer des solutions « made in Togo » pour les défis togolais.
Avec ce décret, l’État togolais opère un arbitrage. Il accepte d’adapter ses recettes pour garantir l’intérêt général : une meilleure connectivité, plus d’innovation et une économie plus résiliente.
Le pari est que la baisse des coûts d’entrée pour les opérateurs se traduira à terme par plus d’investissements, plus de services et plus d’usagers connectés.
Le Togo confirme ainsi qu’il ne veut pas subir la révolution numérique. Il entend la piloter, en adaptant ses règles pour que la technologie serve d’abord les populations et le développement des territoires.

