Au-delà des grands textes adoptés, le Conseil des ministres du 30 juillet 2026, présidé par S.E.M. Faure Essozimna GNASSINGBÉ, a porté une attention particulière à deux leviers essentiels du développement : la sécurité alimentaire et la décentralisation. Deux nominations stratégiques et un bilan national des investissements locaux sont venus marquer cette séance.
ANSAT : Un militaire à la tête de l’Agence nationale de la sécurité alimentaire
Le Gouvernement a nommé le Lieutenant-Colonel ATOULELOU Kpatcha au poste de Directeur Général de l’Agence Nationale de la Sécurité Alimentaire, l’ANSAT.
Ce choix intervient à un moment où la souveraineté alimentaire est érigée en priorité nationale. Dans un contexte mondial marqué par l’instabilité des marchés et le dérèglement climatique, le rôle de l’ANSAT devient central : sécuriser les stocks, réguler les prix, anticiper les crises et garantir l’accès de tous à une alimentation saine et suffisante.
La nomination d’un officier supérieur traduit la volonté d’insuffler plus de rigueur, de planification et de capacité d’intervention rapide à l’agence. L’objectif est de passer d’une logique de gestion de crise à une logique de prévention et de résilience des systèmes alimentaires.
Avec ce nouveau pilotage, l’État entend renforcer les mécanismes de collecte, de stockage et de distribution des produits vivriers, et mieux coordonner l’action entre les producteurs, les marchés et les consommateurs.
Autre moment fort du Conseil : la présentation du rapport national de suivi des investissements des communes sur la période 2020-2025.
Présentée par le ministre délégué chargé du développement local, cette communication dresse l’état des lieux des réalisations financées au plus près des populations. Routes rurales, marchés, forages, centres de santé, écoles : pendant 5 ans, les communes ont été au front de la mise en œuvre des politiques publiques.
Ce rapport n’est pas un simple exercice comptable. Il sert à mesurer l’impact réel de la décentralisation. Quels projets ont été livrés ? Avec quel financement ? Quel est le taux d’exécution ? Quelles sont les communes les plus dynamiques ?
Pour le Gouvernement, il s’agit de tirer les leçons, d’identifier les bonnes pratiques et de corriger les blocages afin de donner plus de moyens et plus d’autonomie aux collectivités locales pour la prochaine phase.
En renforçant le leadership de l’ANSAT et en évaluant l’action communale, le Conseil des ministres envoie un double signal.
D’abord, celui de la sécurité. Sécuriser l’assiette du Togolais, c’est garantir la paix sociale et la stabilité.
Ensuite, celui de la proximité. Le développement ne se décrète pas uniquement depuis Lomé. Il se construit dans les 117 communes, avec des élus locaux outillés et évalués.
En plaçant la sécurité alimentaire et la décentralisation au cœur de ses décisions, le Gouvernement réaffirme une conviction : un Togo résilient et équitable passe par des institutions fortes au niveau national, et par des territoires vivants et autonomes.

