La lutte contre le paludisme passe par la rigueur sur le terrain. Dans le cadre de la campagne nationale de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action, le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de l’Accès aux soins, le Pr Jean-Marie TESSI, a effectué ce mardi une visite inopinée dans plusieurs sites de distribution du Grand Lomé.
Objectif : s’assurer que chaque ménage ciblé reçoit effectivement son lot et que les principes d’équité, de transparence et de gratuité sont scrupuleusement respectés.
Depuis le lancement de la campagne, des équipes sillonnent les quartiers pour enregistrer les ménages et remettre les moustiquaires. Mais entre la planification et l’exécution, des écarts peuvent survenir.
C’est pour traquer ces écarts que le ministre a choisi la méthode du contrôle surprise. Sans escorte médiatique annoncée, il s’est rendu dans des centres de distribution pour observer le dispositif, échanger avec les agents de santé communautaire et surtout questionner directement les bénéficiaires.
Sur place, il a vérifié trois points essentiels : le respect de la liste des ménages éligibles, l’absence de paiement ou de conditionnalité, et la qualité de l’accueil et de la sensibilisation faite aux populations sur l’usage et l’entretien des moustiquaires.
Au terme de sa tournée, le Pr Jean-Marie TESSI a salué l’engagement des équipes mobilisées mais a rappelé la ligne du Gouvernement : la gratuité est non négociable.
« Cette campagne appartient au peuple togolais. Chaque moustiquaire non distribuée ou vendue est une vie exposée au paludisme. Nous avons la responsabilité de garantir que l’aide arrive à destination. Les contrôles inopinés vont se poursuivre dans toutes les régions », a-t-il martelé.
Il a également instruit les responsables régionaux et préfectoraux de la santé de mettre en place des mécanismes de remontée rapide des plaintes et de sanctionner toute irrégularité.
Cette distribution gratuite s’inscrit dans la stratégie nationale de lutte contre le paludisme. Elle vise à couvrir l’ensemble des ménages du pays afin de réduire drastiquement la morbidité et la mortalité liées au paludisme, première cause de consultation dans les formations sanitaires.
Au-delà de la remise du matériel, la campagne intègre un volet de communication de proximité. Les agents insistent sur l’importance de dormir sous moustiquaire chaque nuit, pour les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes en priorité, et sur la nécessité de laver et faire sécher correctement la moustiquaire pour préserver son efficacité.
Le ministre a terminé sa visite en appelant les chefs de quartier, les CVD et les populations à se faire les garants de la campagne. « Signalez tout abus. La moustiquaire est gratuite. Si on vous demande de l’argent, refusez et dénoncez », a-t-il lancé.
Avec plus de 4 millions de moustiquaires prévues pour cette campagne, le Togo réaffirme son ambition : faire reculer durablement le paludisme. Et pour y arriver, le contrôle de proximité devient l’arme aussi importante que la moustiquaire elle-même.

