La mangue togolaise change de dimension. Réunis en assemblée générale ordinaire la semaine dernière à Lomé, les acteurs de la filière, à travers le Conseil Interprofessionnel de la Filière Mangue, CIFM, ont acté une nouvelle ambition : conquérir le marché européen dès 2026.
Jusqu’à présent, les exportations togolaises étaient essentiellement captées par les marchés de proximité. Le Ghana, le Bénin et le Nigeria constituent les principales destinations d’une production reconnue pour la qualité de ses fruits. Le CIFM entend désormais diversifier ses débouchés et inscrire la mangue du Togo dans les circuits commerciaux internationaux les plus exigeants.
Un objectif ambitieux face à des défis structurels
L’entrée sur le marché européen suppose de franchir plusieurs étapes. Les professionnels identifient en priorité le besoin d’une meilleure structuration de l’offre à l’échelle nationale. La production reste encore dispersée, les circuits de collecte peu formalisés et la chaîne de valeur insuffisamment organisée entre producteurs, transformateurs et exportateurs. S’ajoutent à cela des difficultés d’accès aux marchés régionaux et des contraintes persistantes en matière de conditionnement et de logistique.
« Pour que notre filière fonctionne efficacement, il faut une meilleure organisation de la production jusqu’à la commercialisation. C’est un véritable défi pour nous », a souligné Mawuko Tete Kpoti, président sortant du CIFM.
Consciente de ces enjeux, la nouvelle équipe dirigeante élue lors de cette assemblée entend accélérer le chantier de la professionnalisation. Placée sous la présidence d’Olivia Agbossèh, elle aura pour mission de renforcer la coordination entre les trois maillons de la chaîne et de porter la stratégie d’ouverture internationale.
Des bases solides et des investissements pour soutenir la montée en gamme
Malgré les obstacles, la filière affiche des signaux encourageants. La campagne 2025 s’est clôturée sur une production de plus de 5000 tonnes, un volume jugé satisfaisant par les acteurs qui visent une progression dès 2026.
Pour atteindre ces objectifs, le secteur peut compter sur des appuis conséquents. Depuis plusieurs années, la coopération allemande, à travers la GIZ, accompagne les efforts de structuration, de formation et de mise aux normes. Depuis 2024, la filière dispose également d’un plan d’investissement couvrant la période 2024-2028. Doté d’une enveloppe de 1,715 milliard FCFA, ce plan vise à renforcer la compétitivité, améliorer les infrastructures post-récolte et développer le potentiel à l’export.
Avec cette feuille de route et ce nouvel élan de gouvernance, le Togo entend faire de la mangue un véritable produit d’exportation et positionner durablement ses fruits sur le marché européen, réputé pour ses standards élevés en matière de qualité et de traçabilité.
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