Le ministère de l’Environnement et des Ressources forestières, en synergie avec les partenaires techniques et les acteurs de terrain, a ouvert mardi à Lomé le processus de validation de deux documents stratégiques. D’un côté, la note conceptuelle d’un projet structurant pour la filière coco et les mangroves dans les Lacs. De l’autre, le guide d’accréditation de l’Office de Développement et d’Exploitation des Forêts (ODEF) auprès du Fonds Vert pour le Climat (FVC).
Un projet territorialisé au cœur des Lacs 1 et Lacs 2
Intitulé « Appui à la résilience de la filière coco et valorisation du potentiel des mangroves dans les communes de Lacs 1 et Lacs 2 », le projet cible l’un des espaces les plus vulnérables du littoral togolais.
Il poursuit un triple objectif. Premièrement, préserver et restaurer les écosystèmes de mangroves, véritables remparts naturels contre l’érosion côtière et puits de carbone essentiels. Deuxièmement, renforcer la résilience de la filière coco*, durement éprouvée par les effets du changement climatique, la salinisation des sols et la pression anthropique. Troisièmement, développer des activités génératrices de revenus durables pour les communautés riveraines, afin de concilier conservation et bien-être.
À terme, l’ambition est claire : protéger les ressources naturelles tout en sécurisant les moyens de subsistance des populations locales, dans une logique d’adaptation fondée sur les écosystèmes.
Doter l’ODEF des outils pour accéder directement au FVC
Le second chantier porte sur la validation du guide d’accréditation de l’ODEF au Fonds Vert pour le Climat. Obtenir cette accréditation, c’est permettre à l’Office de devenir une entité nationale habilitée à soumettre directement des propositions de financement au FVC, sans intermédiaire international.
Cette avancée institutionnelle est déterminante. Elle offre au Togo la possibilité de mobiliser plus rapidement des ressources pour financer des initiatives d’adaptation et d’atténuation, en cohérence avec ses priorités nationales.
Le Fonds Vert pour le Climat, principal mécanisme financier de la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), accompagne les pays en développement dans la mise en œuvre de projets à fort impact climatique. Pour un pays comme le Togo, l’accès direct à ce guichet représente une opportunité majeure de lever des financements concessionnels et des dons.
Ancrer l’action dans les cadres nationaux
Cette double démarche s’inscrit pleinement dans l’agenda climatique du Togo. Elle vient appuyer la mise en œuvre de la Politique forestière 2021-2030, du Plan National d’Adaptation (PNA) et des Contributions Déterminées au niveau National (CDN 3.0).
En ciblant la filière coco et les mangroves, le gouvernement choisit de travailler sur des secteurs à la fois écologiquement sensibles et économiquement structurants. En renforçant les capacités de l’ODEF, il consolide la souveraineté du pays dans la mobilisation des financements climatiques.
Au final, l’enjeu dépasse le cadre technique. Il s’agit de bâtir une résilience durable pour les communautés côtières, tout en dotant le Togo des instruments institutionnels et financiers nécessaires pour faire face, avec ses propres moyens, aux défis du dérèglement climatique.

