Sous le regard de Sa Majesté Ari Edem Akouvi Soumbo-Akotia II, le peuple Kpéssi s’est retrouvé, le temps d’une semaine, pour célébrer Adè, fête des prémices également appelée Tézan. Dans la préfecture de l’Est-Mono, cette célébration ancestrale a réuni des milliers de fils et de filles venus du Togo et de la diaspora, dans un élan collectif de mémoire, de gratitude et de cohésion.
Un calendrier régi par les astres et la sagesse des anciens
Chez les Kpéssi, la date d’Adè n’est pas arbitraire. Elle est déterminée par les sages et les initiés, au 21ᵉ jour après le premier jeudi suivant l’apparition de la septième nouvelle lune.
Ce repère céleste marque l’autorisation solennelle de consommer la nouvelle récolte d’igname. Auparavant, des rites de reconnaissance sont adressés aux ancêtres et aux divinités tutélaires. Adè s’impose ainsi comme l’un des piliers du calendrier culturel Kpéssi, à la croisée de la spiritualité, de l’agriculture et de la vie communautaire. Il incarne l’abondance, le respect des aïeux et la permanence des valeurs transmises.
six jours de rites, de danses et de réconciliation
Du 14 au 19 juillet, l’Est-Mono a vibré au son des tam-tams et des chants sacrés. Libations, offrandes, danses rituelles, cérémonies de purification et moments de pardon se sont succédé. Chaque geste renvoie à une exigence : purifier la communauté, apaiser les liens et préparer la nouvelle année agricole sous de bons auspices.
La ferveur a dépassé les frontières. Des délégations sont arrivées de Tchamba, Bago, Kouloumi, Kéméni, Bakanka, mais aussi de Bassila et Manigri au Bénin. Des communautés Kpéssi établies au Ghana, en Côte d’Ivoire, au Maroc, aux États-Unis et en France ont également fait le déplacement. Toutes sont venues se retrouver autour du trône, réaffirmant que la fête Adè demeure un point d’ancrage identitaire, bien au-delà des distances.
le Mono, « Emowobéno », témoin des prières pour la nation
Moment d’intense solennité de cette édition 2026 : l’offrande de la nouvelle igname aux ancêtres sur les rives du fleuve Mono. Dans la cosmogonie Kpéssi, le Mono est « Emowobéno », la Mère des Routes. C’est à ses berges que les officiants ont élevé des prières pour le Togo.
Paix, prospérité, croissance économique et renforcement du vivre-ensemble ont été invoqués. Au-delà de la portée spirituelle, ce rite rappelle le lien indéfectible entre l’homme, la terre et l’eau, et la responsabilité des vivants envers les générations futures.
Adè, plus qu’une fête : un acte de transmission
Par-delà les réjouissances, Adè est un instrument de transmission. Il enseigne aux plus jeunes le respect des anciens, la valeur du travail de la terre et la force du collectif. Il consolide le pacte social entre les communautés et réaffirme l’autorité morale du trône comme gardien des traditions.
En 2026, sous la conduite de Sa Majesté Ari Edem Akouvi Soumbo-Akotia II*, la célébration a une fois de plus démontré que la culture n’est pas un vestige. Elle est une force vivante, capable de rassembler, de guérir et de projeter un peuple dans l’avenir sans le couper de ses racines.
À l’Est-Mono, le peuple Kpéssi a donc célébré la nouvelle igname. Mais il a surtout célébré ce qui fait tenir une communauté : la mémoire, la foi et l’unité.

