Le pays kabyè a vibré une fois encore. Pour cette quatrième journée des Evala 2026, les arènes de Yadè et de Pya ont offert au public des empoignades d’une intensité rare. Entre démonstrations de force, respect des rites et fierté collective, la tradition a parlé fort.
Du lever du jour jusqu’au soir, dans les chants et les danses, c’est tout un peuple qui a célébré la bravoure, l’endurance et l’honneur.
Yadè : la finale qui a tenu en haleine
À Yadè, l’attention était toute entière tournée vers la finale. Sous les regards des anciens, des autorités et d’un public venu de toutes les préfectures, les derniers initiés sont entrés dans l’arène.
Chaque prise a été saluée par des cris, chaque esquive par des chants. La lutte y a pris sa forme la plus pure : technique, maîtrise de soi, respect de l’adversaire. Les jeunes en lice ont donné à voir des mois de préparation, de discipline et de jeûne.
La tension est montée jusqu’au dernier combat. Et lorsque le verdict est tombé, ce n’est pas seulement un vainqueur qui a été acclamé. C’est la valeur du courage qui a été honorée, celle que les Evala transmettent de génération en génération.
Pya : des quarts de finale sous haute tension
À quelques kilomètres, Pya vivait au rythme des quarts de finale*. L’arène était pleine à craquer. Ici, la ferveur est différente. Plus brute, plus directe.
Les initiés se sont affrontés avec une énergie remarquable. Chutes spectaculaires, corps à corps intenses, volonté de ne rien lâcher : tout a rappelé pourquoi les Evala sont bien plus qu’un sport. C’est une école de vie. Une école où l’on apprend à tomber et à se relever, à affronter la douleur sans perdre la dignité.
Les anciens, assis en bordure, suivaient chaque geste. Leurs conseils, leurs injonctions, leurs encouragements scandent la lutte. Ils sont les garants de l’esprit des Evala.
La journée ne s’est pas achevée dans l’arène. Elle s’est prolongée au marché de Pida, à Tchitchao, où les initiés ont fait leur entrée pour la danse traditionnelle.
Torse nu, corps oints, parés des signes de leur initiation, ils ont avancé au son des tambours et des chants ancestraux. Le public s’est ouvert pour leur laisser le passage. Femmes, enfants, commerçants : tous se sont arrêtés pour assister au spectacle.
La danse est lente d’abord, solennelle. Puis elle s’accélère. Elle raconte la préparation, l’épreuve, la victoire sur soi. Elle dit la force, mais aussi la communauté. Car les Evala ne concernent pas que les lutteurs. Ils appartiennent à tout le pays kabyè.
Au marché de Pida, cet héritage a pris toute sa dimension. Entre rythmes et clameurs, entre mémoire et présent, la culture a rayonné.
Cette quatrième journée aura donc tenu toutes ses promesses. Elle a montré la diversité des Evala : la rigueur des combats le matin, la ferveur populaire l’après-midi, la solennité des danses le soir.
Elle a rappelé aussi ce que cette fête porte en elle : des valeurs. Le courage de l’initié qui entre seul dans l’arène. L’endurance de celui qui tient malgré la fatigue. L’honneur de celui qui respecte son adversaire et ses aînés.
À Kara comme dans les villages, les discussions vont bon train. On refait les combats, on commente les prises, on prépare la suite.
Les Evala 2026 continuent. Et avec eux, continue de battre le cœur d’un peuple attaché à sa tradition, fier de ses jeunes et déterminé à transmettre.*

