+70% de croissance en un an. 89 340 EVP traités en 2025. Plus de 500 emplois créés. Le bilan est éloquent. Presque 5 ans après son lancement, le Port Sec de la PIA tire un bilan très positif et trace déjà ses perspectives. Dans cet entretien, Dominique NYAZOZO, Directeur des Relations Stratégiques et du Développement de la PIA, revient sur le rôle de cette infrastructure dans la décongestion portuaire, la compétitivité des entreprises et l’ambition du Togo de s’affirmer comme la porte d’entrée de l’hinterland.
1. Comment est-ce que le Port Sec de la PIA s’insère dans l’écosystème logistique au Togo ?
Le Port Sec de la PIA est une infrastructure logistique stratégique intégrée à la Plateforme Industrielle d’Adétikopé. Il a été conçu pour accompagner la transformation logistique et industrielle du Togo, en offrant aux opérateurs économiques une solution moderne de réception, de stockage, de traitement, de dédouanement et de distribution des marchandises.
Notre rôle s’inscrit en parfaite complémentarité avec celui du Port Autonome de Lomé. Le Port Sec constitue une extension terrestre de la chaîne portuaire, permettant de décongestionner certains flux, de rapprocher les services logistiques des industriels et de faciliter l’acheminement des marchandises vers les unités de production, les marchés nationaux et les corridors de l’hinterland.
La réussite de ce dispositif repose également sur un cadre institutionnel et opérationnel favorable, porté notamment par l’Autorité de Coordination de la PIA, qui joue un rôle essentiel dans la coordination, la facilitation et l’accompagnement des acteurs intervenant au sein de la plateforme.
Au-delà du Port Sec lui-même, la PIA dispose d’infrastructures complémentaires qui renforcent sa valeur ajoutée logistique, notamment un parking à camions, des espaces d’entreposage importants, ainsi qu’un écosystème industriel intégré. Ces infrastructures permettent d’offrir aux opérateurs une solution plus complète, mieux organisée et adaptée aux exigences du commerce moderne.
À travers cette position, nous contribuons à fluidifier les échanges commerciaux, à réduire les délais et les coûts logistiques, tout en renforçant la compétitivité des entreprises installées au Togo. Le Port Sec de la PIA participe ainsi à l’ambition nationale de faire du Togo un hub logistique, industriel et commercial de référence en Afrique de l’Ouest.
2. En démarrant ses activités en janvier 2022, quels étaient les objectifs majeurs du Port Sec de la PIA ?
Dès son lancement, le Port Sec poursuivait plusieurs objectifs stratégiques majeurs.
Le premier était de contribuer à la décongestion du Port Autonome de Lomé, tout en offrant une plateforme complémentaire destinée à améliorer le traitement des flux de marchandises et la desserte des clients des pays voisins, en particulier ceux de l’hinterland. L’ambition était de renforcer la fluidité des opérations, de sécuriser les flux et de proposer aux opérateurs économiques une solution logistique plus organisée, plus proche de leurs besoins et mieux connectée aux corridors régionaux.
Le deuxième objectif était de rapprocher les services douaniers, logistiques et opérationnels des industriels installés au sein de la PIA. L’idée était de leur permettre de disposer, à proximité immédiate de leurs unités de production, d’un dispositif facilitant les opérations d’importation, d’exportation, de stockage, de dédouanement et de distribution.
Le troisième objectif consistait à mettre en place une infrastructure logistique moderne, conforme aux standards internationaux, capable d’accompagner la transformation locale des matières premières et de soutenir le développement industriel du pays.
Enfin, le Port Sec s’inscrivait dans une ambition plus large : renforcer le positionnement du Togo comme hub logistique et industriel régional, au service du commerce sous-régional, des corridors de l’hinterland et des opportunités offertes par la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine.
3. Quel bilan après presque cinq années d’activités : emplois et performance ?
Après presque cinq années d’activités, le bilan du Port Sec de la PIA est très encourageant, aussi bien sur le plan opérationnel que sur le plan économique et social.
Sur le plan opérationnel, nous avons enregistré une progression significative des volumes traités. À titre d’exemple, le Port Sec a traité 89 340 EVP en 2025, contre 52 703 EVP en 2024, soit une croissance de près de 70 %. Cette évolution traduit l’augmentation des flux conteneurisés, le renforcement des opérations de dédouanement, ainsi que la montée en puissance des activités logistiques destinées aux industries de la plateforme et aux opérateurs économiques.
Sur le plan économique et social, le Port Sec a également contribué à la création de plus de 500 emplois directs et indirects dans plusieurs domaines, notamment la logistique, le transport, la manutention, la sécurité, les opérations douanières et les services associés.
Nous sommes particulièrement fiers d’avoir participé à la construction progressive d’un écosystème industriel et logistique intégré, qui génère des opportunités pour les opérateurs économiques togolais, tout en renforçant la compétitivité du pays.
Au-delà des chiffres, notre plus grande satisfaction est d’avoir instauré une relation de confiance avec les clients, les industriels, les administrations et les partenaires de la chaîne logistique. Cette confiance repose sur la qualité de nos services, notre capacité d’adaptation et notre engagement constant en faveur de la fluidité, de l’efficacité et de la performance opérationnelle.
4. Quels sont les délais administratifs pour les utilisateurs du Port Sec ? Y a-t-il des défis en ce sens ?
L’un des principaux atouts du Port Sec de la PIA réside dans la proximité des services administratifs et techniques impliqués dans le traitement des marchandises. La présence sur site ou la mobilisation coordonnée des services concernés, notamment la Douane, les services phytosanitaires et les autres administrations compétentes, permet d’accélérer les formalités et d’offrir aux usagers un cadre opérationnel plus fluide.
Lorsque les documents sont complets et conformes, les formalités administratives peuvent généralement être réalisées dans un délai de 1 à 3 jours, selon la nature des marchandises, le régime douanier applicable, le mode d’enlèvement et les contrôles requis.
Bien entendu, certains défis subsistent. Ils concernent principalement les délais de transfert entre le port maritime et le port sec, la coordination entre les différents acteurs de la chaîne logistique, ainsi que la digitalisation complète de certains processus administratifs et opérationnels.
Cependant, en étroite collaboration avec les autorités publiques, les administrations concernées et nos partenaires privés, nous poursuivons nos efforts pour améliorer continuellement l’expérience des usagers, renforcer la prévisibilité des opérations et réduire davantage les délais de passage des marchandises.
5. Quelles sont vos perspectives de croissance pour les prochaines années ?
Nos perspectives de croissance sont ambitieuses et s’inscrivent dans la dynamique de montée en puissance de la Plateforme Industrielle d’Adétikopé et du positionnement logistique du Togo.
Notre premier objectif est d’accroître progressivement les volumes traités, aussi bien à l’import qu’à l’export, avec une ambition de porter l’activité du Port Sec à environ 144 000 EVP par an. Dans cette perspective, nous souhaitons notamment structurer et développer davantage les opérations export via le Port Sec de la PIA, avec une cible d’environ 2 000 EVP par mois, soit près de 24 000 EVP par an.
Cette croissance devra également accompagner le développement des activités industrielles de la PIA, en apportant aux unités de production des solutions logistiques fiables, rapides et adaptées à leurs besoins d’importation de matières premières, d’exportation de produits finis et de distribution vers les marchés cibles.
Nous travaillons par ailleurs à l’intégration de nouvelles solutions numériques, afin d’améliorer le suivi en temps réel des opérations, la traçabilité des flux, la transparence vis-à-vis des clients et la prévisibilité des délais.
Un autre axe majeur consiste à renforcer notre rôle de plateforme logistique régionale, en attirant davantage de flux commerciaux en provenance ou à destination des pays de l’hinterland, notamment le Burkina Faso, le Niger et le Mali.
À moyen terme, notre ambition est de faire du Port Sec de la PIA une référence en Afrique de l’Ouest en matière de logistique intégrée, de performance opérationnelle, de digitalisation et de facilitation du commerce régional.
6. Un mot à l’endroit des autorités togolaises pour conclure ?
Nous voudrions adresser nos sincères remerciements aux plus hautes autorités togolaises pour leur vision stratégique et leur engagement constant en faveur de la transformation économique, logistique et industrielle du pays.
Les investissements réalisés ces dernières années dans les infrastructures portuaires, logistiques, industrielles et de connectivité contribuent à créer un environnement plus attractif pour les investisseurs, plus favorable au développement des entreprises et plus porteur en matière de création d’emplois.
À travers le Port Sec de la PIA, nous réaffirmons notre engagement à accompagner cette dynamique nationale, en offrant des services logistiques performants, fiables et adaptés aux besoins des opérateurs économiques.
Notre ambition est de continuer à contribuer, aux côtés des autorités, des administrations, des partenaires privés et de l’ensemble de l’écosystème logistique, à faire du Togo un hub logistique, industriel et commercial de référence en Afrique de l’Ouest et sur le continent.
Nous souhaitons également saluer le rôle de l’Autorité de Coordination de la PIA, dont l’accompagnement institutionnel et la capacité de coordination constituent des atouts importants pour la réussite du Port Sec et, plus largement, pour le développement de l’écosystème industriel et logistique de la plateforme.
Ensemble, nous devons poursuivre les efforts pour bâtir une économie plus compétitive, plus résiliente et davantage orientée vers la transformation locale, la création de valeur et l’intégration régionale.

