Le campus a vibré jeudi 02 juillet. 83 enseignants-chercheurs, promus Professeurs Titulaires par le CAMES depuis 2021, ont battu le pavé pour exiger la signature de leurs décrets de nomination. 24 heures plus tard, la Présidence de l’Université de Lomé* répond. Sans esquive, sans rupture. Avec une méthode clairement assumée par son premier responsable, le Professeur Kossivi HOUNAKE : parler d’abord, agir ensuite.
Deux rencontres avant le sit-in : la présidence joue la carte de l’anticipation
Contrairement à l’idée d’une administration surprise, la présidence de l’Université avait déjà ouvert le canal du dialogue.
Le 30 juin, le Professeur Kossivi Hounaké a reçu les porte-parole des enseignants inscrits sur la LAFPT – Liste d’Aptitude à la Fonction de Professeur Titulaire*. L’échange a porté sur le fond : le parcours administratif des dossiers, les blocages identifiés, et les marges de manœuvre de l’université.
Le 1er juillet, e dossier est monté d’un cran. Sous la présidence du *Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Professeur Gado TCHANGBEDJI, une nouvelle séance de travail s’est tenue, avec la présence du Président Hounaké. L’objectif : porter la revendication au niveau gouvernemental et lever les incompréhensions sur les étapes restantes.
Pour le Professeur Hounaké, il n’y a pas d’université solide sans enseignants reconnus. _« Notre responsabilité est de faire le lien entre la communauté universitaire et les autorités compétentes, avec exigence et loyauté »_, souligne-t-on dans son cabinet.
Quatre ans d’attente : ce que réclament les 83 promus CAMES
Depuis 2021, ces enseignants ont franchi toutes les étapes scientifiques. Le CAMES les a reconnus aptes au grade de Professeur Titulaire. Reste l’acte administratif final : la signature des décrets par le Président du Conseil.
Sans ce sésame, pas d’avancement indiciaire, pas de plein exercice des droits, pas de sécurité de carrière. Une situation que les concernés vivent comme une injustice.
Lors de leur mobilisation, le *Professeur Yao AGBOSSOUMONDE* a rappelé que le retard hypothèque des carrières entières, jusqu’à la retraite. Le *Professeur Mafobatchi NANTOB* a établi une comparaison avec d’autres pays de la zone CAMES où la transition entre promotion scientifique et nomination administrative est plus rapide.
La présidence de l’Université dit entendre ces arguments. Elle rappelle cependant que la signature des décrets ne relève pas de sa compétence directe, mais qu’elle a pour mission d’en assurer le suivi et la diligence.
La ligne du Professeur Hounaké : fermeté sur les principes, ouverture sur le dialogue
Dans le communiqué rendu public vendredi, deux engagements sont posés au nom du Professeur Kossivi Hounaké
Le premier engagement porte sur l’action. L’Université de Lomé réaffirme qu’elle poursuit activement les démarches auprès des services compétents. Le but est d’obtenir le dénouement _« dans les meilleurs délais, conformément aux procédures en vigueur »_.
Le second engagement porte sur le climat. Le Président Hounaké réitère sa disponibilité à poursuivre les échanges avec les représentants des enseignants. Il appelle également l’ensemble des acteurs à préserver _« la sérénité, la responsabilité et la qualité du service public universitaire »_.
Pour lui, l’Université ne peut pas être à la fois le lieu de la contestation et celui de la contre-performance. La stabilité institutionnelle est la condition de la crédibilité académique.
Au-delà du dossier : l’épreuve d’une gouvernance
Cette crise met en lumière un décalage structurel. D’un côté les exigences du CAMES et les attentes légitimes des enseignants. De l’autre les circuits administratifs nationaux et leurs temporalités.
En choisissant la concertation plutôt que la rupture, le Professeur Kossivi Hounaké* pose un jalon. Celui d’une gouvernance universitaire qui assume de faire tampon, d’expliquer, de porter, et de protéger l’institution.
Le dossier des 83 décrets reste en cours. Mais à Lomé, la présidence entend transformer l’épreuve en démonstration : celle qu’un dialogue exigeant peut être plus efficace qu’un affrontement.

