« Plus de sages-femmes pour les mères et nouveaux-nés en vie » : un appel d’urgence, une ambition nationale*
L’Association des sages-femmes du Togo ASSAFETO ouvre ses 2ᵉ Journées scientifiques, en écho direct à la Journée mondiale de la sage-femme. Le thème retenu cette année n’a rien d’un slogan : « Plus de sages-femmes pour les mères et nouveaux-nés en vie ». Il fait écho à l’appel international lancé par la Confédération internationale des sages-femmes ICM et l’OMS : mobiliser « 1 million de sages-femmes de plus » d’ici 2030 pour combler le déficit mondial en soins obstétricaux de qualité.
À Lomé comme dans les régions, le message est clair. Derrière chaque décès maternel ou néonatal évitable, il y a souvent un maillon manquant : une sage-femme formée, présente, équipée, reconnue. Ces journées scientifiques veulent transformer ce constat en plan d’action concret.
Pendant plusieurs jours, ASSAFETO réunit praticiennes, formatrices, chercheuses, responsables de maternités et décideurs publics. L’objectif n’est pas seulement de célébrer la profession. Il s’agit de dresser un état des lieux sans complaisance : état des compétences, conditions d’exercice, accès aux formations continues, intégration dans les équipes de soins, rétention en zones rurales.
Les échanges portent sur les avancées cliniques, les protocoles de prise en charge des hémorragies et de la prééclampsie, le suivi des grossesses à risque, l’accompagnement psychosocial, et l’usage des technologies simples qui sauvent des vies. Les communications scientifiques alternent avec des ateliers pratiques, des retours d’expérience de terrain et des tables rondes avec les partenaires techniques et financiers.
L’ampleur de ces 2ᵉ Journées scientifiques tient aussi à la mobilisation des partenaires. L’OMS Togo @OMSTogo apporte un appui technique et logistique, aux côtés d’autres organisations engagées dans la santé maternelle et infantile. Leur présence confirme que la question des sages-femmes dépasse le cadre corporatiste : c’est un enjeu de santé publique et de développement.
Le ministre en charge de l’Accès aux soins @accesauxsoinsTg, Jean-Marie Tessi, a salué l’initiative. Sa présence donne le ton politique de l’événement : reconnaître le rôle pivot des sages-femmes dans la stratégie nationale de réduction de la mortalité maternelle et néonatale, et réaffirmer l’engagement de l’État à améliorer leur formation, leur déploiement et leurs conditions de travail.
Les données sont têtues : renforcer les effectifs en sages-femmes qualifiées est l’intervention la plus rentable pour sauver des mères et des nouveau-nés. Une sage-femme bien formée peut assurer 87% des soins essentiels en santé sexuelle, reproductive, maternelle et néonatale. Au Togo, comme ailleurs, le défi est triple : former davantage, retenir dans le système public, et donner les moyens d’exercer avec qualité et sécurité.
Ces journées veulent donc produire plus qu’une déclaration. Elles visent des recommandations opérationnelles : harmoniser les curricula de formation, développer le mentorat clinique, améliorer la gestion des ressources humaines, et plaider pour une meilleure valorisation statutaire et financière de la profession.
Célébrer la Journée mondiale de la sage-femme, c’est d’abord rendre hommage à ces professionnelles qui veillent jour et nuit dans les maternités, les CSI et les hôpitaux. Avec le thème « Plus de sages-femmes pour les mères et nouveaux-nés en vie », ASSAFETO pose une équation simple. Chaque sage-femme supplémentaire, bien formée et bien soutenue, augmente les chances de survie. Les 2ᵉ Journées scientifiques sont le moment de transformer cette équation en politiques, en budgets et en actes concrets pour les mères et les enfants du Togo.

