Le 16 juin 2026 à Tsévié, le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, Jean-Marie Koffi Ewonoulé Tessi, a lancé la troisième phase de la campagne nationale de renforcement des capacités des prestataires de soins de l’Assurance Maladie Universelle AMU. Après les régions des Savanes et de la Kara, puis les Plateaux et la Centrale du 11 au 14 mai, le dispositif descend désormais sur l’axe sud : Maritime et Grand Lomé, les deux régions où la densité des formations sanitaires et la pression des assurés sont les plus fortes.
Derrière cette montée en puissance, un diagnostic partagé par les organismes gestionnaires : depuis le déploiement de l’AMU, des insuffisances subsistent dans l’application des procédures de prise en charge et de facturation par certains prestataires. Des écarts qui, même progressivement corrigés, freinent l’efficacité du système, alourdissent les délais et dégradent l’expérience des patients. L’enjeu de cette phase : réduire ces frictions au contact, là où l’assuré rencontre le système.
« Le renforcement des capacités du personnel soignant constitue un maillon essentiel pour une gouvernance efficiente de l’AMU »*
Devant les équipes médicales et administratives mobilisées, le ministre a rappelé la logique du Gouvernement : faire de la formation le levier d’ajustement opérationnel.
« Le renforcement des capacités du personnel soignant constitue un maillon essentiel pour une gouvernance efficiente de l’AMU. Il ne suffit pas d’ouvrir des droits ; il faut garantir un accueil de qualité, le respect strict des protocoles de prise en charge, et une facturation conforme et transparente. C’est à ce prix que la confiance des populations s’installe », a martelé Jean-Marie Koffi Ewonoulé Tessi.
Il a également salué l’engagement du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, dont « les efforts soutenus en faveur de l’accès universel aux soins » structurent la trajectoire de réforme. Un hommage politique qui replace l’AMU dans la vision plus large d’une protection sociale moderne et solidaire.
Le programme de Tsévié n’a rien d’académique. Les sessions articulent : principes fondamentaux de l’AMU, règles précises de prise en charge, procédures de facturation, mécanismes de contrôle interne, et bonnes pratiques administratives et médicales. L’objectif n’est pas de former pour former, mais de doter chaque soignant et gestionnaire d’outils immédiatement actionnables : codifier, tracer, justifier, pour éviter les rejets de dossiers et accélérer les remboursements.
À chaque étape précédente, la mobilisation a été forte. Autorités locales et professionnels de santé se sont approprié la démarche, signe d’une adhésion qui dépasse le discours.
Avec cette 3ᵉ phase, le Togo confirme sa méthode : construire la couverture sanitaire universelle région après région, formation après formation. Pas de CSU sans rigueur procédurale. Pas de protection sociale crédible sans agents formés et contrôlés. À Maritime et Grand Lomé, le pari est simple : aligner la pratique de terrain sur l’ambition portée par l’AMU, pour que le droit aux soins se traduise, sans rupture, dans l’acte médical.

