Le Togo poursuit sans relâche sa stratégie de renforcement des infrastructures d’assainissement et d’industrialisation durable. Vendredi 19 juin, le ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme, Kodjo Adedze, a inauguré à Adétikopé une usine de préfabrication de tuyaux bas carbone. Une cérémonie officielle en présence de plusieurs membres du gouvernement, d’autorités administratives et coutumières, ainsi que des partenaires techniques et financiers qui accompagnent la mue infrastructurelle du pays.
Implantée au cœur de la Plateforme Industrielle d’Adétikopé, cette unité n’est pas une usine de plus. Elle constitue le maillon industriel du projet RAINE : Réseau d’assainissement par Intercepteurs pour la Non-inondation de nos Espaces. Sa mission est claire : produire localement des tuyaux de fonçage à faible empreinte carbone, destinés aux grands chantiers d’assainissement, d’adduction d’eau potable et d’aménagement urbain.
L’enjeu dépasse la simple fourniture de matériaux. Il s’agit de substituer aux importations une capacité de production nationale, compétitive et alignée sur les exigences de la transition écologique.
« Dès sa première année d’exploitation, cette infrastructure permettra de produire plus de 2 200 tuyaux de fonçage de 2 000 mm de diamètre, destinés aux intercepteurs du projet RAINE. Près de 1 400 tonnes d’acier y seront transformées et environ 10 000 mètres cubes de béton bas carbone seront fabriqués directement sur site », a précisé Séna Alipui, ministre de l’Eau et de l’Assainissement.
Ce choix technologique est stratégique : en intégrant le béton bas carbone, l’usine réduit l’intensité carbone de la construction, tout en répondant aux normes de résilience face aux pluies diluviennes qui fragilisent les villes togolaises. Produire sur place, c’est aussi réduire les coûts logistiques, sécuriser les délais et maîtriser la qualité.
Au-delà de l’ouvrage, c’est tout un écosystème que le projet entend consolider. L’usine doit générer des emplois qualifiés, stimuler la sous-traitance locale et valoriser les compétences togolaises en génie civil et matériaux. L’ambition affichée est de faire émerger une filière nationale capable d’accompagner, sans dépendance extérieure, les grands projets d’aménagement, d’assainissement et de lutte contre les inondations.
Car l’industrialisation durable ne se décrète pas : elle se construit dans la capacité d’un pays à transformer ses propres ressources, à former sa main-d’œuvre et à capter la valeur ajoutée sur son territoire. Adétikopé devient ainsi un laboratoire de cette nouvelle trajectoire.
Avec cette usine, le Togo franchit un cap. Il ne se contente plus d’importer des solutions pour lutter contre les inondations ; il les fabrique. Il ne se limite plus à aménager ; il outille son industrie pour aménager autrement. Entre souveraineté matérielle et impératif climatique, Adétikopé pose la première pierre d’une infrastructure qui se veut à la fois utile, locale et responsable.

