Dans les rues de Lomé comme sur les antennes, la publicité s’affiche et se diffuse parfois sans contrôle. La Haute Autorité de régulation de la communication écrite, audiovisuelle et numérique a décidé de remettre les pendules à l’heure. Jeudi, son président Pitalounani Telou a publié un communiqué ferme : toute campagne, quelle que soit la forme ou le support, doit recevoir le visa de la HARC avant d’être autorisée, affichée ou diffusée.
Le rappel n’est pas anodin. L’institution constate depuis plusieurs semaines la multiplication d’affiches dans l’espace public et de spots sur certains médias sans avis préalable. Une dérive que la loi organique N° 2018-029 du 10 décembre 2018 ne laisse aucune place. Ce texte confère à la HARC une mission régalienne : vérifier l’objet et le contenu de chaque message publicitaire avant sa mise en circulation.
Ce contrôle va au-delà d’une simple formalité administrative. Les équipes de la HARC examinent le texte et les images pour s’assurer qu’ils respectent le cadre légal. Sont donc écartés d’office les produits pour lesquels la publicité est interdite. Sont également filtrés les messages qui heurtent les valeurs et traditions nationales, qui blessent les convictions religieuses, philosophiques ou politiques du public, ou qui ignorent la protection due à la femme, aux enfants et aux adolescents. L’article 35 de la loi organique, dans ses alinéas 1 et 2, pose clairement ce périmètre. L’objectif n’est pas de censurer, mais de protéger l’espace public d’une communication qui dérape.
Face à ces manquements, la HARC s’adresse à tous les acteurs de la chaîne. Aux autorités administratives d’abord, qui délivrent les autorisations d’affichage. Elles sont invitées à exiger systématiquement le visa avant toute validation. À la presse écrite et aux médias audiovisuels ensuite, tenus de vérifier que chaque spot, encart ou bandeau porte bien le sésame de l’autorité de régulation avant publication ou diffusion. Enfin aux agences et sociétés de publicité, sommées de régulariser leur situation en obtenant ou renouvelant leur autorisation d’installation, d’exploitation ou de production. À défaut, l’article 152 du Code de la presse et de la communication prévoit des sanctions.
Le message de Pitalounani Telou est donc clair : la liberté de communiquer ne dispense pas du respect des règles. Dans un environnement médiatique saturé, la HARC assume son rôle de garde-fou. Contrôler en amont, c’est éviter les dérives, préserver la cohésion sociale et garantir que la publicité reste un outil économique, pas un facteur de trouble. Le visa HARC n’est pas une option. C’est l’entrée obligatoire avant que l’affiche ne prenne le mur, que le spot ne prenne l’antenne, que la bannière ne prenne le fil.

