Deux jours de francs-parlers, un cap commun. La 4ème session du dialogue de partenariat Togo-Union Européenne s’est tenue lundi à Lomé, sous la coprésidence du ministre des Affaires étrangères Pr Robert Dussey et de Gwilym Ceri Jones, chef de la délégation de l’UE au Togo. Au menu : démocratie, stabilité, économie et sécurité. Des sujets lourds, traités sans détour.
Le format n’est pas nouveau, l’exigence si. Ce cadre, instauré pour aligner priorités et principes, sert de boussole aux programmes européens au Togo. Cette année, les discussions ont creusé trois sillons : consolider l’État de droit, sécuriser l’extrême nord face à la menace terroriste, et rendre l’économie plus résiliente via investissements et transition énergétique.
Des diagnostics partagés, des engagements concrets
Pour Pr Robert Dussey, la force de cette session tient à sa franchise. « Cette rencontre qui engage directement les deux parties a permis de poser les diagnostics justes, débouchant sur des engagements et des projets concrets au bénéfice des populations ». Traduction : moins de déclarations d’intention, plus d’actions mesurables. Le ministre a salué l’appui européen tout en rappelant la détermination togolaise à faire de ce dialogue un levier direct de développement et de bien-être.
Côté européen, Gwilym Ceri Jones a mis en avant la stabilité régionale. La bonne gouvernance a été discutée sans contour, de même que le soutien aux forces armées togolaises déployées dans les Savanes. L’UE réaffirme sa volonté d’accompagner le Togo dans la sécurisation de ses frontières nord, ligne de front contre l’expansion djihadiste au Sahel.
Économie, droits humains, transition verte : le triangle du partenariat
Au-delà de la sécurité, Bruxelles veut faire venir les entreprises. La promotion des investissements européens a occupé une part centrale des échanges, avec un focus sur l’agriculture durable et les énergies renouvelables. Des secteurs où le Togo veut capter capitaux, transfert de compétences et technologies pour créer de la valeur locale.
La question des droits humains n’a pas été esquivée. Elle figure au cœur du partenariat UE-Afrique et a nourri un échange direct, dans l’esprit du dialogue politique prévu par l’Accord de Cotonou.
« En ces temps si difficiles et instables, l’Europe restera un partenaire solide, valable pour la coopération, le respect du droit international et la dignité humaine », a martelé le chef de délégation européenne. Il a aussi salué la qualité des échanges et la volonté commune d’avancer, malgré un contexte sous-régional sous pression.
Un dialogue d’ancrage, pas de façade
Pour rappel, ce dialogue Togo-UE n’est pas un exercice protocolaire. Il vise à définir des priorités partagées et à traduire la coopération en résultats : paix, sécurité, stabilité politique, démocratie. La 4ème session confirme une tendance : Lomé et Bruxelles choisissent la convergence opérationnelle plutôt que les discours généraux.
Prochaine étape : transformer les engagements pris lundi en projets financés, calendriers précis et impacts visibles pour les communautés, notamment dans les zones les plus exposées.

