Une page décisive de l’histoire sanitaire togolaise s’écrit depuis le 3 mai à l’Hôpital de Référence de niveau 4 Dogta-Lafiè. La campagne nationale de chirurgie cardiovasculaire, placée sous le Haut Patronage de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil, a démarré avec les premières interventions réalisées avec succès. Pour la première fois, des pathologies cardiaques complexes sont prises en charge sur le territoire national, dans des conditions conformes aux standards internationaux.
Des vies transformées au bloc opératoire
Dans les couloirs de Dogta-Lafiè, l’émotion est palpable. Des patients sélectionnés selon des critères médicaux rigoureux ont bénéficié de pontages coronariens, de remplacements valvulaires et de cures de malformations congénitales. Pour eux, l’intervention marque la fin d’un long parcours d’incertitude.
« Je n’aurais jamais imaginé pouvoir me faire opérer ici, au Togo. Aujourd’hui, je me sens renaître. Merci à Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé et à tous ceux qui ont rendu cela possible », confie un bénéficiaire, encore sous le coup de l’émotion. Ces témoignages disent l’essentiel : la campagne redonne non seulement des années de vie, mais aussi la dignité d’être soigné chez soi.
L’équité comme protocole de soins
La portée sociale de l’initiative est majeure. Grâce à l’engagement de partenaires et de mécènes, l’ensemble des coûts a été pris en charge. Des Togolais vulnérables, jusque-là tenus à l’écart de la chirurgie cardiaque par l’obstacle financier, accèdent désormais à des soins hautement spécialisés. L’équité cesse d’être un principe pour devenir un acte chirurgical, un pansement retiré, une sortie de réanimation.
Dogta-Lafiè, vitrine d’une ambition nationale
Le Directeur Général, Med. Lt-Col. Eyouvei Akata, voit dans cette campagne un basculement. « Le démarrage effectif de cette campagne lance notre service de chirurgie cardiovasculaire et marque un tournant stratégique pour notre établissement. Nous mettons désormais à la disposition des populations une offre de soins hautement spécialisée, accessible et conforme aux standards internationaux, ici même au Togo.
Ce tournant repose sur un plateau technique patiemment construit : bloc opératoire dédié à la circulation extracorporelle, réanimation cardiovasculaire, imagerie cardiaque de pointe, unités de soins intensifs. « Chaque équipement acquis, chaque service développé, s’inscrit dans une vision claire : rapprocher les soins spécialisés des populations et faire du Togo une référence régionale en matière de santé », rappelle-t-il.
Une coopération médicale au service du transfert de compétences
Jusqu’au 15 mai, la campagne mobilise une expertise sous-régionale aux côtés des équipes togolaises. Le Professeur Gabriel Ciss, chirurgien thoracique et cardiovasculaire du Sénégal, le Docteur Adama Sawadogo, chirurgien thoracique et cardiovasculaire du Burkina Faso, et le Docteur Diao Elhadji Malick, médecin anesthésiste-réanimateur en chirurgie thoracique et cardiovasculaire du Sénégal, partagent le bloc avec leurs confrères togolais.
Loin d’une mission ponctuelle, cette collaboration installe des réflexes durables : staffs conjoints, protocoles harmonisés, formation continue du personnel paramédical, suivi post-opératoire codifié. Chaque patient bénéficie ainsi d’un parcours sécurisé, de la consultation pré-anesthésique à la réadaptation cardiaque.
Vers une filière pérenne et souveraine 
L’horizon de cette campagne dépasse la date du 15 mai. Elle préfigure la mise en place d’un service permanent de chirurgie cardiovasculaire. L’objectif est de structurer toute la chaîne : dépistage, imagerie, chirurgie programmée, stimulation cardiaque, rééducation. En ancrant cette filière, le Togo réduit sa dépendance aux évacuations sanitaires, préserve des ressources financières considérables et offre à ses citoyens une alternative crédible sur place.
Au-delà de la performance technique, Dogta-Lafiè porte une promesse : celle d’un système de santé qui protège, qui rassure et qui élève. La chirurgie cardiovasculaire n’est plus un privilège d’ailleurs. Elle est, depuis le 3 mai 2026, une réalité togolaise.

