La Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA) confirme son statut de pôle stratégique en Afrique de l’Ouest. Elle a reçu une délégation de parlementaires de la Francophonie conduite par le Président de l’Assemblée nationale du Togo, Son Excellence Professeur Komi Selom Klassou. Étaient présents le Ministre délégué chargé de la Promotion des investissements et de la souveraineté économique, Docteur Arthur Lilas Trimua, et l’Administrateur Général de la PIA, Monsieur Idiola Sandah.
Une Visite Parlementaire à Haute Portée Économique et Diplomatique
La venue de parlementaires issus de plusieurs sections de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) sur le site de la PIA dépasse le cadre d’une simple visite de courtoisie. Elle s’inscrit dans la séquence ouverte par la 17e Conférence des Présidents d’Assemblée et de Section de la Région Afrique de l’APF, tenue à Lomé du 7 au 9 avril 2026. Après avoir débattu des crises politiques et des défis sécuritaires du continent, les législateurs francophones ont voulu mesurer concrètement les réponses économiques que le Togo apporte à la question de l’emploi, de l’industrialisation et de la souveraineté productive.
Le choix de la PIA comme lieu de cette immersion n’est pas anodin. La plateforme incarne la stratégie togolaise de transformation structurelle de l’économie. En invitant les parlementaires à constater de visu, le Togo fait de la diplomatie économique un prolongement naturel de la diplomatie parlementaire. Les élus deviennent témoins et relais des modèles de développement qui fonctionnent.
Échanges Stratégiques sur l’Investissement et l’Intégration Régionale
Les discussions conduites par le Professeur Klassou, le Ministre Trimua et l’Administrateur Général Sandah ont porté sur trois axes majeurs. D’abord, les opportunités d’investissement offertes par la PIA aux capitaux francophones et internationaux. Avec son statut de zone économique spéciale, ses infrastructures logistiques adossées au Port autonome de Lomé, et son régime fiscal incitatif, la plateforme se positionne comme porte d’entrée vers le marché de la CEDEAO et de l’UEMOA.
Ensuite, le développement industriel comme réponse au défi de l’employabilité des jeunes. La PIA concentre des filières à forte intensité de main-d’œuvre. Textile, agro-industrie, assemblage, logistique. Chaque unité implantée est une réponse directe au chômage et au sous-emploi, thèmes qui avaient mobilisé les parlementaires lors de la présentation du modèle togolais à la Conférence de l’APF.
Enfin, l’intégration économique régionale. La visite a permis d’expliquer comment la PIA s’articule avec le corridor Lomé-Ouagadougou-Niamey et avec les politiques communautaires de l’UEMOA et de la CEDEAO en matière d’industrialisation. L’idée défendue est claire. Sans base industrielle solide, l’intégration reste un slogan. Avec des hubs comme la PIA, elle devient réalité commerciale et créatrice de valeur.
Star Garments et Vivace Group : Illustrations d’un Écosystème en Mouvement
La délégation a visité deux unités industrielles majeures implantées sur la plateforme. Star Garments Group, acteur international du textile, symbolise la capacité du Togo à capter des investissements délocalisés d’Asie et à insérer sa main-d’œuvre dans des chaînes de valeur mondiales. L’entreprise exporte vers les marchés européens et américains, sous régime AGOA et APE, et forme localement des opérateurs aux standards internationaux.
Vivace Group, spécialisé dans l’agro-industrie et la transformation, illustre la stratégie de valorisation des matières premières locales. En transformant sur place le coton, le soja ou les fruits, la PIA réduit la dépendance aux exportations de produits bruts et augmente la captation de valeur ajoutée nationale.
Ces deux visites ont montré aux parlementaires que la PIA n’est pas un projet. C’est un écosystème qui fonctionne, qui produit, qui exporte et qui recrute. Les emplois créés sont mesurables. Les flux logistiques sont visibles. Les containers qui sortent quotidiennement du site parlent d’eux-mêmes.
La PIA, instrument de souveraineté économique et de rayonnement
Au-delà des chiffres, la visite consacre la PIA comme instrument de souveraineté économique. En associant l’État, via la tutelle du ministère des investissements, l’Assemblée nationale, garante des lois et du contrôle, et le secteur privé, opérateur et investisseur, le Togo expérimente une gouvernance collaborative. Ce modèle a été présenté par le Ministre Trimua lors de la Conférence de l’APF et la visite de terrain vient le crédibiliser.
Pour la Francophonie parlementaire, la PIA devient un cas d’étude. Comment un pays d’Afrique de l’Ouest, sans rente pétrolière, bâtit un hub industriel compétitif en moins de cinq ans. Comment il aligne cadre légal, infrastructures et incitations pour attirer des champions régionaux et internationaux. Comment il fait du parlement un acteur de la promotion économique, et non un simple spectateur.
Quand l’industrie devient diplomatie
En recevant les parlementaires de la Francophonie, la Plateforme Industrielle d’Adétikopé dépasse son rôle économique. Elle devient un outil de rayonnement et d’influence. Chaque député qui repart de Lomé est un ambassadeur potentiel du modèle PIA auprès de son pays, de ses investisseurs et de ses institutions.
La PIA confirme ainsi sa triple vocation. Moteur de croissance et d’emplois pour le Togo. Hub logistique et industriel pour l’Afrique de l’Ouest. Et désormais, référence pour les parlements francophones qui cherchent des solutions concrètes à la question lancinante. Comment créer des richesses et des emplois durables pour la jeunesse. Le message de Lomé est net. L’industrialisation n’est plus une option. C’est la condition de la stabilité et de la souveraineté.

