Le Bureau régional de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a initié pour la 3 ème fois un atelier sur la jurisprudence Internationale et africaine en matière de la liberté d’expression au Togo et Benin. Du mercredi 29 novembre au vendredi 1er décembre 2023, des juges et magistrats des cours suprêmes du Togo et du Benin seront outillés.
« Considérée comme un droit fondamental, la liberté d’expression conditionne l’exercice d’autres libertés comme la liberté d’opinion, la liberté de grève ou celle de manifester », a exalté le Directeur de cabinet du ministère de la Justice et de la Législation, Tchalim Kadanga, non sans rappeler les «avancées notoires » en la matière au Togo et autres initiatives au profit de la (liberté de) presse, mais également les devoirs et responsabilité des journalistes…
La présente rencontre fait suite aux ateliers régional de Dakar au Sénégal en 2019 à l’intention des juges des cours suprêmes de la CEDEAO et de formation des formateurs sur la liberté d’expression en décembre 2021 à Nairobi au Kenya organisés par le Bureau régional de l’UNESCO, dans le cadre d’un projet de promotion et de protection de ces droits concocté, en phase avec le Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité – plus de 1400 journalistes ont été tués à travers le monde de 2006 à la moitié de 2020, avec taux d’impunité globale de 86 %.
Depuis son démarrage il y a trois ans, le projet de l’UNESCO a bénéficié à plus de 35 000 acteurs judiciaires dans plus de 160 pays à travers le monde, à en croire le Directeur du Bureau régional Afrique de l’ouest (de l’UNESCO), Dimitri Sanga. Au sein de l’espace, des sessions régionales et nationales ont été déjà organisées dans plusieurs pays, notamment en Gambie, au Ghana, au Mali, au Nigeria et au Sénégal. « Garantir la liberté d’expression, c’est aussi œuvrer pour un environnement favorable et sûr pour les professionnels des medias », croit-il fermement.
Au-delà de la liberté d’expression et de la sécurité des journalistes, les travaux de Lomé portent également sur l’intelligence artificielle, notamment ses implications sur l’Etat de droit. Contribuer à l’appropriation des normes et pratiques relatives à la garantie de la liberté d’expression ainsi qu’à la sensibilisation aux défis de l’intelligence artificielle et les droits de l’Homme, par le biais du renforcement des capacités des juges et des institutions judiciaires, tel est l’objectif visé par cet atelier entrant dans la dynamique de la promotion des droits humains et des libertés publiques. Il s’agit spécifiquement de renforcer les compétences des juges, magistrats et procureurs des tribunaux de fond du Benin et du Togo en matière de jurisprudence régionale, continentale et internationale sur la liberté d’expression, promouvoir les bonnes pratiques judiciaires dans le domaine, sensibiliser les participants aux avantages de l’intelligence artificielle ainsi qu’aux violations potentielles des droits de l’Homme…
« Il faudrait qu’au sortir de cet atelier, les journalistes puissent se sentir libres dans l’exercice de leur métier, qu’ils n’aient plus peu d’être arrêtés (…) », espère Dr Komlavi Doussimele, Chef Division Bibliothèque, Documentation et Archives à la Commission nationale togolaise de l’UNESCO, représentant de la Secrétaire Générale Dr Ayaba Akouete, convaincu que « le renforcement de cette sécurité et de ncette protection rendra encore plus aisé le métier du journaliste et lui permettra d’exercer plus efficacement sa fonction ».
Cet atelier permettra d’apprécier les différentes activités déroulées au registre du projet, échanger sur les perspectives et définir les pistes de réflexions et d’actions pertinentes sur la liberté d’expression et la sécurité des journalistes au Togo et au Benin…
