L’arrivée de Jean-Lucien Savi de Tové à la présidence du Togo à l’âge de 86 ans marque un tournant inattendu. Si son élection symbolise une transition politique majeure, elle soulève également des interrogations légitimes sur sa capacité physique et mentale à diriger le pays durant un mandat potentiellement exigeant. Cet article analysera les arguments pour cette nomination, en examinant le rôle du président dans la nouvelle République et en pesant le poids de l’expérience face aux défis inhérents à la fonction.
L’âge avancé de M. Savi de Tové peut être perçu comme un atout. Son expérience politique longue et riche, sa connaissance approfondie des enjeux nationaux sont autant d’arguments mis en avant. Ils soulignent la nécessité d’une sagesse éprouvée pour naviguer dans les eaux de la politique togolaise et gérer les défis complexes auxquels le pays est confronté. L’argument de la « sagesse des anciens » est souvent invoqué, suggérant une meilleure capacité à prendre des décisions éclairées et à trouver des compromis. Enfin, le changement de régime vers un système parlementaire pourrait alléger la charge de travail du président.
L’élection de Jean-Lucien Savi de Tové représente un pari audacieux. Il est important d’analyser non pas seulement son âge, mais aussi la manière dont le nouveau régime parlementaire redistribue les pouvoirs et les responsabilités. Si ce système peut effectivement alléger la charge du président, alors l’expérience et la sagesse de M. Savi de Tové pourraient s’avérer précieuses.
Le Président de la République, dans ce nouveau régime, est aussi perçu comme le garant de l’unité nationale, une figure d’équilibre et de sagesse. À ce titre, il doit avoir une connaissance fine de l’histoire, de la sociologie, et des dynamiques politiques et institutionnelles du pays. Il lui revient d’orienter, conseiller et soutenir le Président du Conseil et les autres institutions de la République dans leur mission.
Pour plusieurs acteurs politiques, l’âge avancé de Jean-Lucien Savi de Tové n’est donc pas un handicap, mais un atout. Ils estiment qu’un homme de son parcours – long, dense et marqué par la pondération – incarne les qualités requises pour cette fonction symbolique. Comme ils le précisent, « tous les vieux ne sont pas sages, mais l’âge et l’expérience sont souvent des gages de sagesse ».
L’avenir dira si ce choix s’avère judicieux, mais il souligne l’importance d’une réflexion plus large sur les critères de sélection des dirigeants politiques, au-delà de la seule question de l’âge. Une transition réussie dépendra également de la capacité du nouveau président à s’entourer d’une équipe compétente et dynamique.
Faut-il le rappeler, l’âge minimum requis pour devenir Président de la République a été fixé à 50 ans – contre 40 ans pour celui de Président du Conseil ce qui reflète la volonté du constituant d’attribuer cette fonction à une personnalité mûre et expérimentée. Certains évoquent même que la première version du projet de Constitution fixait cette limite à 60 ans avant d’être révisée

