LOMÉ, 4 novembre 2026 – Le réflexe a changé. Longtemps délaissés au profit des cliniques privées ou de l’automédication, les hôpitaux publics retrouvent la confiance des Togolais. Dans les neuf établissements contractualisés, le nombre de consultations a plus que doublé depuis 2017.
La progression est spectaculaire : 274 280 consultations en 2017, contre 583 218 à fin septembre 2026. Soit une hausse de +112,6 %, alors que l’année n’est même pas terminée.
L’intérieur du pays en tête
La révolution ne se joue plus seulement à Lomé. Elle se joue à Kara, à Tsévié, à Dapaong.
Au *CHU de Kara*, les consultations ont plus que triplé, passant de 23 199 à 74 402 (+220,7 %). Au CHR de Tsévié, elles ont presque triplé, de 19 839 à 57 790 (+191,3 %). Au CHR de Dapaong, la progression est de +172,4 %, de 31 676 à 86 280 consultations.
C’est la preuve que l’amélioration de l’offre de soins ne se limite plus à la capitale. Pour la première fois, un habitant de Kara ou de Dapaong peut se soigner sur place, sans devoir monter à Lomé.
À Lomé, le CHU Sylvanus Olympio* reste, et de loin, l’établissement le plus fréquenté du pays avec *136 528 consultationssur les neuf premiers mois de 2026. Un mastodonte qui concentre à lui seul près d’un quart des consultations des neuf hôpitaux.
Plus qu’un chiffre, un regain de confiance
Que s’est-il passé en neuf ans ? Trois leviers ont transformé le système.
1. La contractualisation de la gestion. En confiant la gestion à des équipes avec des objectifs de performance, l’État a mis fin à la gestion à l’aveugle. Disponibilité des médicaments, accueil, propreté, suivi des dossiers : les standards ont changé.
2. La modernisation des équipements et le renforcement des effectifs.* Scanner, blocs opératoires réhabilités, spécialistes déployés en région. Le patient ne vient plus seulement parce qu’il n’a pas le choix, il vient parce qu’il trouve une offre crédible.
3. L’extension de l’Assurance Maladie Universelle (AMU). Le coût, qui était le premier frein à la consultation, a considérablement baissé pour des milliers de familles. Quand on peut se faire soigner sans se ruiner, on ne repousse plus la consultation.
Le résultat est un renversement culturel : l’hôpital public n’est plus perçu comme le lieu du dernier recours, mais comme un lieu de soins de qualité.
Le nouveau défi : tenir la cadence
Mais cette affluence est aussi une épreuve. Plus de 583 000 consultations en neuf mois, c’est plus de pression sur les salles d’attente, sur les médecins, sur les lits, sur les laboratoires.
Le défi de 2027 ne sera plus d’attirer les patients à l’hôpital public. Il sera de garantir que cette affluence s’accompagne d’une qualité de soins constante et de délais d’attente raisonnables.
Car la confiance qui a mis neuf ans à se reconstruire peut se perdre en quelques mois si l’hôpital public devient victime de son propre succès.
EN CHIFFRES
– Consultations totales – 9 hôpitaux : 274 280 en 2017 → 583 218 fin septembre 2026 (+112,6 %)
– CHU de Kara : 23 199 → 74 402 (+220,7 %)
– CHR de Tsévié : 19 839 → 57 790 (+191,3 %)
– CHR de Dapaong : 31 676 → 86 280 (+172,4 %)
– Hôpital le plus fréquenté : CHU Sylvanus Olympio, 136 528 consultations
Launetogo

