C’est une rencontre qui a valeur de tournant. Samedi 3 octobre 2026, le Ministre des Finances et du Budget, Essowè Georges BARCOLA, a choisi de rompre avec la routine administrative pour organiser une concertation directe, franche et sans filtre entre l’Office Togolais des Recettes (OTR) et la communauté d’affaires chinoise au Togo.
Le thème ne laissait aucune place à l’ambiguïté : « Climat des affaires et opportunités pour les entreprises chinoises au Togo ». Face au ministre, une délégation de poids conduite par M. YAO YU, Conseiller économique de l’Ambassade de Chine, la Présidente de l’Association des Entreprises Chinoises et les dirigeants des grands groupes présents sur les chantiers structurants du pays, dont la SRBC.
Désamorcer un malaise pour mieux avancer
Cette rencontre n’est pas née du hasard. Elle fait suite au courrier n°126/2026/RBTG du 9 septembre dernier, dans lequel des opérateurs chinois faisaient part d’un sentiment de contrôles fiscaux répétés et de redressements jugés lourds.
Loin de l’esquiver, l’administration togolaise a décidé de mettre le sujet sur la table. « L’objectif est de lever les écueils et les incompréhensions », a martelé d’entrée le Ministre BARCOLA, saluant au passage « les relations exceptionnelles de coopération » entre Lomé et Pékin.
La réponse de l’OTR a été claire, pédagogique et ferme. À l’origine de l’initiative après sa rencontre avec la SRBC, le Commissaire des Impôts, Peter Dossou KPONOR, a rappelé la doctrine : « La loi fiscale togolaise ne distingue pas les entreprises selon la nationalité. C’est la même loi pour tous. »
Son collaborateur, SEWONOU Biova Kodjo, Chef Division au Commissariat des Impôts, a ensuite détaillé le bouclier juridique qui encadre tout contrôle : préavis obligatoire d’au moins 7 jours, durée d’intervention plafonnée, notification motivée, droit de reprise de l’administration limité à 3 ans, et recours hiérarchique possible en 72h. Des garanties qui s’appliquent à tous, sans exception.
Le pacte de confiance en 3 axes
Au-delà des explications, la journée s’est conclue par un véritable pacte opérationnel, avec des engagements mutuels et mesurables.
1. Ce que l’OTR s’engage à faire : Finie l’administration impersonnelle. L’Office va désigner deux points focaux de haut niveau, aux Impôts et aux Douanes, dédiés uniquement aux entreprises chinoises. Il va également éditer un guide pratique bilingue français-chinois sur les obligations fiscales, organiser des formations sur le SYSCOHADA révisé et la facturation normalisée, et surtout, récompenser les bons élèves avec un Prix du civisme fiscal.
2. Ce que le Ministère des Finances va porter : Le ministère jouera le rôle de facilitateur, en examinant dans les prochaines lois de finances les propositions des secteurs à faible marge et en assurant l’interface avec les autres administrations, notamment la Douane et l’Immigration.
3. Ce que les entreprises chinoises doivent faire : La balle est aussi dans leur camp. L’Association s’est engagée à encourager la conformité totale : tenue d’une comptabilité complète, désignation d’un responsable fiscal avec interprète, traduction des contrats, et généralisation des factures normalisées et des paiements traçables auprès de leurs sous-traitants locaux.
En choisissant le dialogue plutôt que le bras de fer, le Togo envoie un message fort à tous les investisseurs étrangers : ici, on écoute, on explique, on s’adapte, mais la loi reste la loi.
Comme l’a résumé le Ministre BARCOLA en conclusion : « Si on avait fait cette rencontre plus tôt, des incompréhensions n’auraient pas subsisté. » C’est désormais chose faite. Une nouvelle ère de confiance est lancée.
Launetogo

