IFAD-Bâtiment. C’est dans l’enceinte même où se forment les bâtisseurs de demain que l’avenir de centaines de jeunes techniciens togolais vient de prendre une nouvelle dimension.
L’Agence Éducation-Développement (AED) et le géant chinois du BTP et des énergies, Weihai International Economic & Technical Cooperative Co., Ltd. (WIETC), à travers sa filiale togolaise Société Zhengwei Technique Togo S.A. (SZTT), ont signé ce jeudi une convention de partenariat stratégique de trois ans, renouvelable par tacite reconduction.
Un accord qui n’est pas anodin. Il est la déclinaison opérationnelle du mémorandum d’entente signé entre le Gouvernement togolais et WIETC, et il place les Instituts de Formation en Alternance pour le Développement au cœur de la stratégie d’implantation du groupe chinois au Togo.
Les IFAD séduisent un géant mondial
L’histoire de ce partenariat a commencé par une visite. Il y a quelques semaines, les responsables de WIETC ont poussé les portes de l’IFAD-Bâtiment et de l’IFAD-Énergies Renouvelables à Lomé. Ils y ont découvert des plateaux techniques modernes, une pédagogie par la pratique et des jeunes déjà opérationnels.
Une révélation qui tombe à point nommé. Car WIETC n’est pas un simple prospecteur. C’est déjà un acteur majeur du paysage togolais. Le groupe réalise actuellement deux projets emblématiques : le futur siège de NSIA Vie et le bâtiment du simulateur de vol d’ASKY.
Et ce n’est que le début. Dans son portefeuille immédiat : le Terminal 2 de l’Aéroport International Gnassingbé Eyadéma, dont le coup d’envoi est prévu pour avril 2027, et une centrale solaire photovoltaïque de 50 MWc à Kpinzindè, dans la région de la Kara. Des chantiers qui exigeront des dizaines de techniciens qualifiés, de chefs de chantier, d’électriciens et de spécialistes en énergies renouvelables.
Le recrutement prioritaire : WIETC s’engage à recruter en priorité, selon ses besoins et ses procédures internes, les diplômés des IFAD Bâtiment et Énergies Renouvelables. L’AED assurera la présélection sur la base des profils recherchés.
L’alternance sur chantier réel : Les apprenants des deux IFAD seront accueillis en alternance directement sur les activités et chantiers de WIETC. Mieux, les apprenants ayant satisfait à leur évaluation de fin de parcours seront recrutés en priorité comme salariés permanents.
Le partage d’expertise croisé : Ce n’est pas à sens unique. Les experts de WIETC organiseront des démonstrations techniques et des retours d’expérience pour les apprenants et les formateurs des IFAD. En retour, les ouvriers et le personnel technique de WIETC bénéficieront de formations continues au sein des IFAD pour se perfectionner.
. L’appui matériel et social : WIETC s’engage à étudier avec l’AED la mise à disposition de dons d’équipements et de matériels pédagogiques, des aides sociales aux apprenants nécessiteux et l’octroi de bourses d’excellence pour les meilleurs.
Deux discours, une même vision : la compétence locale
Pour le Vice-Président de WIETC, l’enjeu est pragmatique mais profond :
« WIETC est depuis longtemps engagée dans les infrastructures et les énergies nouvelles. Nous sommes convaincus que la réussite d’un projet ne repose pas uniquement sur les financements, les technologies et les équipements, mais également sur la constitution d’une équipe locale de professionnels compétents et fiables, capable d’assurer la réalisation concrète des projets. Ces dernières années, nous avons renforcé notre développement au Togo. Avec l’avancement de nos futurs projets, nos besoins en compétences techniques locales vont continuer à augmenter. Nous accordons une grande importance au développement des jeunes talents togolais. La formation professionnelle ne consiste pas seulement à acquérir des connaissances théoriques. Elle doit surtout permettre de transformer ces connaissances en compétences professionnelles concrètes. »
Une vision qui fait écho à celle portée par le Directeur Général de l’AED, M. Dammipi NOUPOKOU, qui a tenu à replacer l’événement dans sa dimension nationale :
« Avant tout propos, je salue la vision de Son Excellence Monsieur le Président du Conseil qui a voulu lancer cet innovant et grand projet de création des IFAD pour donner aux jeunes togolais les compétences dans les métiers de leurs rêves et garantir leur insertion socioprofessionnelle. À ce jour, 5 IFAD forment dans une dizaine de filières. En choisissant de signer avec les IFAD, WIETC confirme la pertinence de notre dispositif. »
Et le DG de l’AED d’insister sur la portée symbolique :
« Cette cérémonie ne constitue pas simplement un acte administratif ou protocolaire. Elle traduit notre volonté commune de rapprocher davantage la formation et l’entreprise, la compétence et l’emploi, l’école et le chantier. Notre responsabilité ne s’arrête pas à la remise d’un diplôme. Nous devons nous assurer que les compétences acquises permettent effectivement aux jeunes de trouver leur place dans le monde professionnel. En signant cette convention, nous ne signons pas simplement un document, nous faisons le choix de faire confiance à la jeunesse togolaise, de transformer la compétence en opportunité et de contribuer à la mise en œuvre de la vision de Son Excellence, Monsieur le Président du Conseil. »
Entrée en vigueur dès sa signature ce 1er octobre, cette convention de trois ans est bien plus qu’un partenariat. C’est la matérialisation d’un nouveau paradigme pour le Togo : chaque grand projet d’infrastructure doit désormais devenir une école à ciel ouvert, et chaque jeune formé, la cheville ouvrière du développement national.
Prudence AFANOU

