Ils ont l’audience d’une télé, sans les règles d’une télé. Le Togo veut corriger ça.
Le 22 septembre à Lomé, la HARC a fait asseoir face à elle une nouvelle catégorie de puissants : créateurs de contenus, tiktokeurs, youtubeurs, blogueurs, administrateurs de groupes WhatsApp et Facebook.
Jamais vu depuis la Constitution du 6 mai 2024. Cette Constitution a changé la donne avec son article 78 : la HARC ne régule plus seulement le journal et la radio, elle régule tout l’espace numérique.
Le Président Pitalounani Télou a planté le décor : il faut encadrer « les influenceurs, blogueurs, tiktokeurs, web-activistes ».
Pourquoi maintenant ? Parce que l’information ne passe plus par les rédactions. Elle passe par TikTok. Et avec elle passent aussi fake news, insultes, harcèlement, atteintes à la vie privée. La HARC parle de menaces sur « la paix sociale et la cohésion nationale ».
La phrase qui a marqué la salle est celle de N’do Pabozi, directrice juridique :
> « Vous n’êtes pas des journalistes, mais vous faites partie des acteurs de la communication de masse. Vous informez, vous éduquez, vous forgez l’opinion. »
C’est une reconnaissance, mais c’est surtout un avertissement.
L’État n’est pas venu avec un bâton, mais avec un arsenal : Ministère de la Communication, Agence de cybersécurité (ANCy), Instance de protection des données (IPDCP).
Objectif affiché : pas de répression aveugle, mais l’écriture collective d’un code de bonne conduite et de déontologie des créateurs de contenu.
En clair, Lomé dit aux influenceurs : on vous reconnaît comme médias, on va vous traiter comme des médias.

