Au Togo, la stratégie pour l’élevage et la pêche ne se résume plus à distribuer du matériel. Le pays sécurise son cheptel, équipe ses pisciculteurs et, surtout, forme ses futurs patrons.
Le chiffre donne le ton : 12,5 millions d’animaux vaccinés* ces dernières années. Au-delà de la statistique, c’est tout le capital des éleveurs qui est protégé. Un animal sauvé, c’est un revenu préservé, un troupeau qui continue de produire viande et lait, et une exploitation qui ne s’effondre pas.
Même logique côté pêche. Le gouvernement ne se contente pas de soutenir la pêche de capture. Il investit dans l’aquaculture de demain en distribuant des alevins et des cages flottantes, permettant de produire du poisson directement dans les plans d’eau sans épuiser les ressources naturelles. Pour les pêcheurs en mer et sur le lac, le carburant subventionné allège le coût des sorties et préserve les prix sur les marchés.
Mais l’investissement le plus rentable est ailleurs : dans l’homme.
Qui pour gérer ces fermes et ces élevages modernes ? La réponse se trouve à Barkoissi et à Elavagnon. Deux IFAD, Instituts de Formation en Alternance pour le Développement, dédiés à l’élevage et à l’aquaculture, créés en 2019 à la demande du Président du Conseil Faure Gnassingbé.
Le principe est simple et redoutablement efficace : des jeunes titulaires du BEPC suivent un bac professionnel en trois ans, en alternance entre théorie et immersion totale en entreprise. L’objectif n’est pas de former des employés, mais des chefs d’entreprise.
Le résultat parle : en six ans, *480 jeunes formés, 90% insérés, et 70% financés pour s’installer* à leur compte.
Le Togo l’a compris : on peut vacciner des animaux et subventionner des pirogues, mais sans une génération formée pour transformer ces filières, il n’y a pas de souveraineté alimentaire.

