Dans un communiqué daté de ce vendredi, les ministères de la Sécurité et de la Justice et des Droits Humains sont revenus sur l’affaire qui a conduit à l’arrestation de trois personnes le mois dernier dans le nord du Togo. Objectif : rétablir les faits et rappeler le cadre légal.
1. Que s’est-il passé à Matchatom ?
Le 27 juillet 2026, lors d’une patrouille au marché de Matchatom, préfecture de la Binah*, des agents de sécurité interpellent trois individus. Motif : réalisation de prises de vue et utilisation d’un drone sans déclaration préalable des équipements.
Huit jours plus tard, le 4 août la BRI de Kara les transfère à Lomé avec le matériel. La DCPJ prend le relais et saisit le parquet. Le Procureur de la République près le TGI de Lomé ouvre alors une enquête.
2. Un projet documentaire, mais des autorisations non respectées
Il s’agit du tournage du documentaire « Les Routes de l’impossible » produit par *Tony Comiti Productions.
L’équipe disposait bien d’une autorisation du ministère de la Culture et du Tourisme du 19 juin 2026. Mais cette autorisation ne portait que le nom du réalisateur togolais M. VEDOMEY Komi Mawufemo* et concernait des localités spécifiques.
Or, selon l’enquête, l’équipe s’est rendue à Mango, Guérin-Kouka et Matchatom, des zones non mentionnées dans le document. Pire, ces localités sont situées en zone couverte par l’*état d’urgence sécuritaire, donc soumises à des règles strictes.
D’autres manquements administratifs ont été identifiés au cours des investigations.
3. Où en est la procédure ?
Le 17 août 2026, les trois personnes ont été présentées au parquet. Assistées de leurs avocats dès l’enquête préliminaire, elles ont été inculpées pour fausses déclarations article 680, 5° du nouveau Code pénal.
Un juge d’instruction a été désigné et a placé les trois intéressés sous mandat de dépôt. L’affaire est désormais entre les mains de l’instruction.
Les deux ministres signataires précisent un point essentiel : *les poursuites ne visent pas le contenu du film ni la liberté de presse*. Elles portent uniquement sur le *non-respect des procédures administratives et sécuritaires* en vigueur au Togo, qui s’appliquent à tous.
4. Droits et traitement : ce que dit le gouvernement
Le communiqué rassure : les personnes sont détenues dans des conditions conformes aux normes internationales et aux Règles Nelson Mandela.
Elles ont accès à leur conseil, à l’assistance consulaire pour les deux Français, et peuvent contacter leurs familles.
Le Colonel Calixte Batossie MADJOULBA et Pacôme Yawovi ADJOUROUVI concluent en réaffirmant l’engagement du Togo pour l’État de droit et la présomption d’innocence et appellent à ne pas anticiper sur les conclusions du juge d’instruction.
