Deux citoyens français interpellés dans le nord du Togo. L’affaire soulève plus qu’un simple contrôle d’identité : elle interroge la frontière entre tourisme et exercice d’une profession sur le territoire togolais.
Entrer en touriste, travailler en reporter : l’incohérence pointée
D’après les éléments rendus publics, *Gaël Mocaer* et *Sébastien Perez Pezzani* se sont présentés comme des envoyés de France Télévisions en mission de tournage. Le hic : leur entrée au Togo se serait faite avec un visa de visite.
Pour tout professionnel étranger, surtout dans le domaine des médias, la règle est connue. Il faut une autorisation, une accréditation, une déclaration préalable auprès des instances compétentes. L’omission de ces formalités crée une zone grise. Quel était donc l’objectif réel de leur déplacement vers les régions septentrionales ? Et pourquoi ne pas avoir emprunté la voie administrative normale ? Ce sont les points sur lesquels l’instruction devra faire la lumière.
une interpellation qui dit beaucoup du climat sécuritaire actuel
L’opération a été conduite par les forces de défense et de sécurité alors que les deux hommes se trouvaient dans une zone frontalière sous haute surveillance. Depuis plusieurs mois, le nord fait l’objet d’une attention particulière en raison des risques régionaux.
Dans ce contexte, l’alerte et la réactivité des services compétents ne relèvent pas du hasard. Il s’agit d’un mécanisme de prévention. L’objectif n’est pas de décourager les journalistes ou les visiteurs, mais de s’assurer que chaque présence sur le sol national est conforme et maîtrisée.
deux récits s’affrontent, seul le tribunal tranchera
Sur la place publique, les commentaires vont bon train. Certains évoquent une opération de renseignement déguisée. D’autres parlent de journalistes pris au piège de procédures qu’ils auraient négligées.
En l’état, aucune hypothèse ne peut être retenue comme vérité. Le dossier revient désormais aux magistrats. Si les faits démontrent une activité conforme, les intéressés pourront le justifier. Si l’enquête met en évidence un non-respect des règles d’entrée ou d’exercice, la loi suivra son cours.
le rappel d’un dossier récent : la nécessité de respecter le cadre togolais
Cette situation fait écho à l’affaire Thomas Dietrich en 2024, reconduit en France après une interpellation similaire. Sans établir de parallèle direct, ces cas successifs montrent une ligne constante : le Togo attend des professionnels étrangers qu’ils respectent scrupuleusement la réglementation en vigueur.
Au-delà des individus, c’est l’équilibre que cherche l’État qui est en jeu. Garantir la sécurité et la souveraineté, tout en restant accessible aux médias internationaux qui souhaitent couvrir le pays dans les règles.
Pour conclure, le dossier Mocaer-Perez Pezzani dépasse le cadre d’une simple infraction administrative. Il met en évidence la nécessité d’une meilleure lisibilité des procédures pour les missions étrangères. La décision judiciaire qui interviendra fixera un précédent utile, autant pour les autorités que pour les rédactions qui préparent leurs prochains reportages au Togo.

