L’alerte est lancée. Depuis le début de l’année, la *région sanitaire du Grand Lomé* fait face à une hausse continue des cas de dengue. Le ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique confirme une recrudescence qui coïncide avec le retour des pluies et la prolifération des moustiques dans les quartiers.
Transmise par la piqûre du moustique _Aedes aegypti_, cette maladie virale gagne du terrain dans un contexte urbain marqué par l’accumulation d’eaux stagnantes et la densité des populations. Les autorités parlent d’une situation à suivre de près, mais qui peut être maîtrisée avec la mobilisation de tous.
Face à l’évolution des indicateurs, le ministère a activé un plan de réponse articulé autour de quatre axes prioritaires.
D’abord, la surveillance épidémiologique est intensifiée. Les formations sanitaires du Grand Lomé ont reçu des consignes fermes pour détecter, notifier et remonter chaque cas suspect dans les plus brefs délais. L’objectif est de dresser une cartographie précise des foyers afin d’intervenir rapidement.
Ensuite, la prise en charge est rendue gratuite dans les structures publiques. Aucun patient suspect ou confirmé ne doit renoncer aux soins pour des raisons financières. Les équipes médicales sont formées pour reconnaître les signes et éviter les complications.
Le troisième volet concerne la lutte anti-vectorielle. Des équipes sillonnent déjà les zones les plus touchées pour traiter les gîtes larvaires, pulvériser et accompagner les ménages dans l’assainissement de leur environnement immédiat.
Enfin, la sensibilisation de proximité est déployée. Médias, leaders communautaires, écoles et associations sont mis à contribution pour porter les bons gestes jusqu’à chaque foyer.
Le ministère insiste sur le fait que la prévention repose d’abord sur des comportements simples. Il s’agit de réduire le contact avec le moustique et d’éliminer les conditions qui lui permettent de se multiplier.
Il est recommandé de dormir sous moustiquaire imprégnée, même en journée car _Aedes_ pique surtout tôt le matin et en fin d’après-midi. Porter des vêtements longs et clairs qui couvrent bras et jambes, et recourir à des répulsifs cutanés quand on sort, constituent des barrières efficaces.
À la maison, la vigilance doit porter sur l’eau. Vider, couvrir ou jeter tout récipient pouvant retenir l’eau de pluie : pneus usés, canaris découverts, gouttières bouchées, soucoupes de pots de fleurs. Un nettoyage régulier des alentours et l’évacuation des déchets limitent fortement la reproduction du moustique.
La dengue se confond souvent avec le paludisme ou une grippe. Fièvre brutale, grande fatigue, maux de tête intenses, douleurs derrière les yeux, douleurs musculaires et articulaires, nausées, vomissements et parfois éruption cutanée : ces signes doivent alerter.
Le ministre Jean-Marie Tessi l’a rappelé avec fermeté :
« _La dengue peut être guérie si elle est détectée et prise en charge précocement. J’appelle chaque citoyen à la vigilance, à la responsabilité et à l’application stricte des mesures de prévention. Dès les premiers symptômes, rendez-vous dans le centre de santé le plus proche. N’attendez pas.
L’automédication et le retard de consultation sont les principaux facteurs de passage à des formes sévères.
La saison des pluies s’installe pour plusieurs semaines. Elle offre au moustique des conditions idéales. Pour inverser la tendance, le ministère compte sur l’engagement de chaque habitant du Grand Lomé.
Assainir son environnement, se protéger des piqûres, consulter sans tarder : ce triptyque est présenté comme la clé pour freiner la propagation.
Le ministère de la Santé réaffirme sa disponibilité et poursuit le déploiement des équipes sur le terrain. L’ambition est claire : contenir l’épidémie, protéger les plus vulnérables et éviter que la dengue ne s’installe durablement dans la capitale.
En cas de doute, le réflexe santé sauve. Le centre de santé le plus proche reste le premier allié.

