Après des années d’attente, la promesse devient réalité. La Caisse de Retraites du Togo, CRT et la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, CNSS viennent d’activer conjointement le mécanisme de liquidation coordonnée des droits de pension*. Une décision qui change la donne pour tous les travailleurs togolais dont le parcours professionnel a traversé la fonction publique et le secteur privé.
Pendant longtemps, changer de statut signifiait risquer de perdre une partie de ses cotisations. Un enseignant du privé recruté par l’Etat, un agent public parti dans une entreprise, un contractuel devenu fonctionnaire : tous voyaient leurs années s’émietter entre deux régimes distincts. La seule porte de sortie était le rachat, une procédure jugée longue et désavantageuse.
Un ancrage juridique vieux de plusieurs décennies enfin mis en œuvre
Cette coordination ne sort pas de nulle part. Elle s’appuie sur deux textes de référence qui ont traversé le temps. L’*arrêté interministériel N°551/MJFPT/MFE du 09 juin 1977 et l’*arrêté interministériel N°709/MJFPT/MFE du 28 août 1989 posaient déjà le principe d’un pont entre le régime des pensions civiles et militaires de la CRT et le régime général de la CNSS.
En 2026, la CRT et la CNSS décident de traduire ce principe en actes. L’ambition est claire. Il s’agit de garantir la continuité des droits et d’éviter que la mobilité professionnelle ne se transforme en pénalité.
Avec l’entrée en vigueur du mécanisme, la règle devient plus juste et plus lisible. Désormais, les périodes d’assurance accomplies à la CRT et à la CNSS sont additionnées pour calculer un seul et même droit à pension.
Lorsqu’un assuré atteint les conditions d’âge et de cessation d’activité prévues par les deux régimes, il peut déposer sa demande. Chaque institution liquide alors la part qui lui revient au prorata des années effectuées sous sa gestion, et les versements sont coordonnés.
Il peut aussi arriver qu’un assuré remplisse les conditions dans un seul régime. Dans ce cas, il obtient la liquidation de la part correspondante sans attendre. La seconde part sera versée plus tard, au moment où les conditions seront réunies dans l’autre régime.
Ce nouveau fonctionnement rend obsolète la pratique du rachat. La CRT et la CNSS le rappellent avec force aux assurés. Demander le rachat de ses périodes passées n’a plus de sens. Cette démarche s’avère désormais pénible et préjudiciable aux intérêts des bénéficiaires. Le système de coordination est conçu pour mieux protéger.
La mise en opération de ce mécanisme porte la signature des deux responsables en charge des institutions. M. Tchilabalo PILANTE, Directeur Général par intérim de la Caisse de Retraites du Togo, et Mme Ingrid AWADE, Directeur Général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, ont conjointement validé cette avancée. Leur engagement vise à assurer une application harmonieuse du dispositif et à apporter des réponses concrètes aux assurés.
Au-delà de la technique, cette coordination répond à une exigence d’équité. Elle reconnaît la valeur du travail quel que soit le statut sous lequel il a été exercé. Elle sécurise les trajectoires professionnelles et encourage les passerelles entre la fonction publique et le secteur privé. Elle renforce enfin la confiance des citoyens dans le système de retraite togolais en l’alignant sur les pratiques internationales en matière de coordination des régimes.
Pour les assurés concernés, le réflexe est désormais simple. Il convient de se rapprocher de la CRT ou de la CNSS afin de vérifier son relevé de carrière et d’engager les démarches de liquidation coordonnée.
Avec cette réforme, le Togo franchit une étape décisive. Celle d’une protection sociale qui s’adapte aux réalités des carrières et qui place l’assuré au centre du dispositif.

