Présidé par Son Excellence Faure Essozimna GNASSINGBE, Président du Conseil, le Conseil des ministres s’est réuni ce vendredi 26 juin 2026. À l’ordre du jour : modernisation de l’État, sécurisation des infrastructures et ancrage institutionnel de la chefferie traditionnelle. Au total, six décrets règlementaires et quatorze décrets de reconnaissance de chefs de canton ont été adoptés.
1. Eaux et Forêts : un corps mieux armé pour protéger le patrimoine naturel
Le gouvernement poursuit la réforme de la gestion environnementale. Le décret adopté précise les attributions, l’organisation et le fonctionnement du corps des agents des eaux et forêts.
Missions renforcées : gestion durable des forêts, protection des aires protégées, lutte contre les atteintes aux ressources, reboisement et préservation de la biodiversité. Sur le plan organique, le texte institue un commandement central et des services déconcentrés avec des commandements régionaux et des unités préfectorales. L’objectif : plus de réactivité sur le terrain et une chaîne de commandement lisible.
2. Cyber Defense Africa : vers la souveraineté numérique et la dronisation*
Face à la montée des cybermenaces, l’État consolide CDA. Le décret modifie le cadre de 2019 pour l’aligner sur de nouveaux statuts. L’assemblée générale de CDA a étendu son objet aux activités de conception, production, maintenance et commercialisation de drones aériens, terrestres et maritimes.
Il s’agit de doter la société publique d’un périmètre d’action élargi pour accompagner les projets stratégiques en cybersécurité et en technologies de sécurité. Une réponse directe aux enjeux de souveraineté numérique.
3. Routes : séparer le financement de l’exécution pour gagner en efficacité
Deux structures naissent pour lever les blocages chroniques du secteur routier.
AGEROUTE TOGO est créée pour assurer la maîtrise d’ouvrage déléguée des projets routiers. L’idée : mettre fin à la dispersion institutionnelle, réduire les surcoûts et les retards, et professionnaliser la conduite des chantiers.
SONAFIR remplace la SAFER. Plus d’une décennie après la création de cette dernière, les évaluations pointent des limites face aux besoins croissants. La SONAFIR disposera de mécanismes renforcés de mobilisation des ressources, avec une diversification des instruments et des partenariats stratégiques.
La réforme consacre une séparation claire : la SONAFIR finance, l’AGEROUTE TOGO exécute. Une logique de spécialisation pour accélérer et mieux contrôler les investissements.
4. Ingénierie publique : le BEIT pour capitaliser l’expertise nationale
Le Bureau d’études et d’ingénierie du Togo BEIT est créé pour pallier la dispersion des fonctions d’études, de conseil, de suivi et de contrôle. Il doit réduire la dépendance aux assistances techniques externes, coûteuses et peu intégrées.
Le BEIT sera chargé de la maîtrise d’œuvre et du contrôle technique des investissements publics, et d’appuyer l’État et les acteurs privés dans l’identification, la planification et la conception de projets structurants.
5. Guichet unique des infrastructures : coordonner pour éviter les dégâts*
En première lecture, le Conseil a examiné le décret instituant un guichet unique des infrastructures. La multiplication des travaux sur les réseaux télécoms, énergie, eau, gaz et travaux publics rendait indispensable une coordination.
La plateforme s’appuiera sur le Réseau national de correction centimétrique CENTIPOS. Le texte définit les obligations des gestionnaires d’ouvrages et les règles à respecter à proximité des infrastructures existantes. But visé : protéger les réseaux, éviter les coupures et rationaliser les interventions.
6. Chefferie traditionnelle : 14 chefs de canton officiellement reconnus*
Conformément à la loi n°2007-002 du 8 janvier 2007, le Conseil a adopté quatorze décrets portant reconnaissance de désignation de chefs de canton, par voie coutumière ou par consultation populaire.
Ces actes consacrent leur statut d’autorités traditionnelles dépositaires des us et coutumes, après accomplissement des procédures légales requises.

