IPDCP : Adétikopé devient le creuset de la conformité numérique avec la première promotion de Correspondants à la Protection des Données certifiés
Du 22 au 23 juin 2026, l’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel a formé et outillé une quarantaine de CPD pour ancrer la culture de la donnée responsable au Togo
Alors que la digitalisation des services s’accélère, l’IPDCP frappe fort. L’Instance a réuni du 22 au 23 juin 2026 à Adétikopé la première session intensive de formation dédiée aux Correspondants à la Protection des Données CPD. Objectif : transformer une obligation légale en levier de gouvernance et de confiance. La clôture officielle, marquée par la remise des attestations ce mercredi 24 juin, scelle la naissance d’un réseau national de référents capables d’incarner la conformité au quotidien.
Fini les exposés théoriques déconnectés des réalités opérationnelles. L’IPDCP, avec l’appui technique du cabinet J&M Conseil, a conçu un parcours immersif. Une quarantaine de professionnels, venus d’une trentaine d’organisations, ont été plongés dans la pratique.
L’audience était représentative de l’écosystème togolais : grandes entreprises et PME, banques, assurances, transports, plateformes de mobilité, administrations centrales, collectivités territoriales comme les communes Golfe 1 et Bassar, établissements scolaires, universités et associations. Autant de secteurs où la donnée personnelle circule, se traite, s’expose.
Au cœur de la pédagogie : des études de cas réels, des mises en situation et des ateliers pratiques. Les futurs CPD ont appris à cartographier les flux de données, à tenir un registre des traitements irréprochable, à identifier les vulnérabilités et à conduire une Analyse d’Impact relative à la Protection des Données AIPD. La notion de « donnée personnelle » a été décortiquée : nom, numéro de téléphone, plaque d’immatriculation, identifiant professionnel… toute trace qui permet d’identifier un individu, directement ou indirectement.
Pour le Colonel Bédiani Belei, président de l’IPDCP, cette formation dépasse le cadre d’une simple sensibilisation. « Le diplôme est avant tout une preuve, une certification des compétences acquises. Dans notre contexte, le document attestant de la qualification demeure un élément important de reconnaissance. Cette certification vient donc valoriser les connaissances et les compétences développées », a-t-il insisté lors de la cérémonie.
Il rappelle la mission du CPD : véritable sentinelle au sein des organisations. Il veille à l’application de la loi, forme et alerte les équipes, conseille la direction et fait le lien avec l’IPDCP. « Les entreprises ont tout intérêt à désigner un Correspondant à la Protection des Données. Sa présence contribue à renforcer la conformité et à mieux gérer les obligations liées à la protection des données personnelles », a martelé le Colonel Belei.
Junior Akibodé, consultant-formateur et co-responsable de J&M Conseil, résume la philosophie : « L’objectif n’est pas seulement de respecter la loi, mais aussi de renforcer la confiance des citoyens dans l’utilisation de leurs données personnelles ». Des outils concrets ont donc été remis aux participants pour affronter les cas pratiques : audit interne, gestion des violations, relations avec les sous-traitants.
Awui Talla Hervé, conseiller technique à l’IPDCP, inscrit cette session dans un plan plus large. Après les médias, la santé et l’état civil, l’Instance se tourne désormais vers les CPD, comme le prévoit l’article 75 de la loi. « Cette session constitue la première étape d’un processus plus large de professionnalisation ».
La suite est déjà tracée : mise en place de mécanismes de suivi, d’évaluation et de certification continue. L’ambition est claire : structurer un réseau de professionnels reconnus, capables d’harmoniser les pratiques au Togo et d’irradier dans la sous-région ouest-africaine.
Dès la fin de la formation, chaque CPD repart avec une feuille de route : réaliser la cartographie complète des traitements de données au sein de sa structure. C’est le point de départ pour détecter les non-conformités et déployer les mesures correctives qui protègeront clients, usagers et employés.
Les retours sont unanimes. Jacob Tépé, CPD chez Ecobank Togo, salue une formation « qui nous a permis de mieux comprendre les exigences de la législation togolaise et de disposer d’outils pratiques ». Il souligne aussi la valeur ajoutée humaine : « Elle a également favorisé la création d’une véritable communauté de correspondants, propice au partage d’expériences et de bonnes pratiques ».
Avec cette première promotion certifiée, l’IPDCP envoie un signal fort. La protection des données n’est plus une option technique mais une exigence de gouvernance. En formant des CPD compétents et outillés, le Togo pose une brique essentielle de sa souveraineté numérique et prépare ses organisations à affronter la transformation digitale sans sacrifier la confiance des citoyens.

