Inaugurée en juin 2021, la Plateforme Industrielle d’Adétikopé PIA fête ses cinq ans. L’infrastructure n’est plus un chantier : c’est un écosystème. À l’occasion de cet anniversaire, Idiola Sandah, Administrateur général de l’Autorité de coordination de la Plateforme ACP, a dressé le bilan d’un projet pensé pour accélérer l’industrialisation du pays et ancrer la transformation locale des matières premières.
Le constat est net : en cinq ans, la PIA a absorbé plus de 350 milliards FCFA d’investissements, portés par les entreprises déjà installées et celles en cours d’implantation. Un volume qui matérialise la confiance des opérateurs privés dans le modèle togolais : énergie disponible, guichet unique, logistique intégrée, fiscalité incitative.
La plateforme compte aujourd’hui 25 entreprises partenaires. 12 sont déjà opérationnelles, les autres finalisent leur installation. Leur point commun : transformer sur place ce que le Togo produit. Soja, karité, noix de cajou, textile… mais aussi logistique, matériaux de construction, services industriels et transformation manufacturière.
Au total, huit secteurs stratégiques sont désormais couverts. L’objectif est atteint : sortir de la logique d’export brut pour capter la valeur ajoutée, créer des chaînes de valeur locales et rendre l’économie moins dépendante des cours mondiaux des matières premières.
6780 emplois, 95% de Togolais, 80% de jeunes et de femmes
Au-delà des chiffres d’affaires, la PIA produit de l’employabilité. 6780 emplois directs ont été générés depuis 2021. Derrière ce chiffre, une structure sociale forte : 6441 postes, soit 95%, sont occupés par des Togolais. Et près de 80% des effectifs sont constitués de jeunes et de femmes.
« Derrière ces chiffres, se cachent des milliers d’histoires humaines : des jeunes qui ont trouvé leur premier emploi, des femmes qui participent activement à la transformation industrielle du pays, et des entrepreneurs qui développent leur activité », a souligné Idiola Sandah. La PIA devient ainsi un ascenseur social concret, avec montée en compétence et transfert de savoir-faire technique.
Le premier quinquennat a prouvé la viabilité du modèle. Le second doit changer d’échelle. « Les cinq prochaines années seront celles de l’accélération », a affirmé l’Administrateur général de l’ACP.
Extension des infrastructures : nouvelles parcelles industrielles, capacités énergétiques et logistiques renforcées pour accueillir plus d’industriels.
Consolidation des chaînes de valeur: rapprocher davantage les producteurs agricoles des usines pour sécuriser l’approvisionnement et augmenter les revenus ruraux.
Attraction d’investissements ciblés : viser les secteurs à fort contenu technologique et à haute intensité d’emplois qualifiés.
Montée en compétences : former la jeunesse aux métiers industriels et favoriser les transferts de technologie avec les partenaires installés.
L’ambition finale : générer entre 15 000 et 20 000 emplois supplémentaires d’ici 2031. Une trajectoire qui positionne Adétikopé comme un pôle industriel régional, et le Togo comme une destination crédible pour l’industrie manufacturière en Afrique de l’Ouest.
La PIA n’est plus une expérimentation. Elle est devenue la preuve que l’industrialisation pilotée, avec un État aménageur et un privé investisseur, peut produire des résultats chiffrés en emplois, en investissements et en diversification. Les cinq premières années ont posé les fondations. Les cinq prochaines doivent démultiplier l’impact.

