La région des Savanes, déjà éprouvée par l’état d’urgence sécuritaire, voit surgir une nouvelle menace. Le gouverneur Affoh Atcha-Dédji a alerté sur une hausse inquiétante de suicides et d’assassinats dans plusieurs localités. Des drames qui dépassent le deuil individuel pour venir « _affecter les familles et fragiliser la cohésion sociale_ ».
Le diagnostic est clair. L’insécurité armée ne résume plus à elle seule la vulnérabilité de la région. La détresse psychologique, l’isolement, les conflits latents s’installent dans le quotidien. Chaque drame agit comme un choc en chaîne : il brise une famille, met un quartier en deuil et use un peu plus la confiance collective.
Le gouverneur a donc appelé à une mobilisation générale des forces vives. Les chefs de canton sont replacés au cœur du dispositif avec leur mission de veille sociale et de médiation. Ils doivent redevenir les premiers capteurs des signaux faibles : une dispute qui s’envenime, une personne en rupture, une famille qui décroche.
De leur côté, les préfets ont pour injonction d’intensifier l’action de proximité et de rendre pleinement opérationnels les dispositifs d’alerte précoce. Il s’agit de quitter la posture de constat pour entrer dans une dynamique d’anticipation
« _La préservation de la paix, de la sécurité et du vivre-ensemble demeure une responsabilité collective impliquant les autorités administratives, les autorités traditionnelles, les leaders communautaires ainsi que l’ensemble des populations_ », a insisté Affoh Atcha-Dédji.
Le défi : éviter que la violence extérieure ne trouve un écho dans une violence intérieure diffuse. Dans les Savanes, l’enjeu n’est plus seulement de sécuriser le territoire, mais de préserver le lien qui tient les communautés debout.

