Du 8 au 13 juin, la communicante et journaliste culturelle togolaise Elisabeth Apampa a porté la voix du Togo à Moroni. Directrice du Festival International IYé Ma Rue Ma Musique, elle a été invitée au Festival Bangwe de l’Oralité, carrefour dédié aux patrimoines vivants, à la transmission des savoirs et à la création contemporaine africaine.
Trois masterclasses pour structurer les ICC africaines
Sollicitée comme formatrice et conférencière, Elisabeth Apampa a articulé ses interventions autour de trois axes stratégiques pour les industries culturelles et créatives du continent :
*1. Critique culturelle : passer du compte-rendu à l’analyse*
Face à journalistes, étudiants et acteurs médias, elle a plaidé pour une critique exigeante, contextualisée et ancrée. À l’heure du numérique et de l’inflation de contenus, l’enjeu n’est plus seulement de relayer l’événement, mais d’interroger les œuvres, les récits et les mutations sociales qu’elles portent.
« _La culture est le miroir de nos sociétés. Nous devons la raconter avec profondeur, nuance et responsabilité_ », a-t-elle martelé.
Découvrabilité : rendre visible le talent africain
Devant artistes et professionnels, elle a décortiqué l’autre combat des créateurs : être trouvés. En s’appuyant sur les outils de l’OIF, elle a vulgarisé métadonnées, référencement, présence numérique et stratégies de circulation des contenus. Objectif : donner aux productions comoriennes et africaines les clés pour exister sur les plateformes et conquérir les marchés internationaux.
Leadership féminin : incarner pour inspirer
La rencontre avec les femmes des médias et de la culture a marqué les esprits. Autour du « Personal Branding », Elisabeth Apampa a partagé son parcours entrepreneurial, les obstacles franchis et les leviers concrets : confiance, réputation, réseau, visibilité numérique. Dans un secteur où les femmes restent peu représentées aux postes d’influence, elle a appelé à transformer l’expertise en autorité.
« _Quand les femmes prennent la parole et valorisent leur expertise, elles transforment durablement les sociétés_ », a-t-elle affirmé.
Au-delà des salles de formation, sa présence a nourri les réflexions sur la structuration de l’écosystème culturel comorien et son positionnement comme destination culturelle dans l’océan Indien. Témoignages à l’appui, participantes et entrepreneures ont salué des outils immédiatement applicables.
Pour Elisabeth Apampa, ce séjour a confirmé une conviction : malgré des contextes différents, Togo et Comores partagent les mêmes défis — professionnaliser, transmettre, innover, et faire du leadership féminin un moteur de développement.

