La commune d’Amou 2 a désormais son hôpital de référence. L’Hôpital Mère-Enfant d’Amou-Oblo a été officiellement inauguré samedi 16 mai par le ministre de la Santé l’Hygiène publique, de la Couverture Sanitaire Universelle et des Assurances du Togo Monsieur Jean-Marie Koffi Ewonoulé Tessi représentant le Président du Conseil SEM Faure Essozimnam GNASSINGBÉ en présence des autorités administratives et traditionnelles, des partenaires techniques et du personnel soignant. Mais au-delà de l’infrastructure, c’est une étape visible d’une politique publique bâtie sur une vision claire et une méthode assumée.
Car rien ne se fait sans cap ni séquencement. L’inauguration de ce joyau sanitaire s’inscrit dans une chaîne de décisions prises depuis 2021 pour lever les obstacles qui pèsent sur la santé maternelle et infantile.
Dans son intervention, le ministre de la Santé, Monsieur TESSI, a exposé la portée de ce projet pour la région des Plateaux et pour l’ensemble du pays. Il explique en quoi cette infrastructure incarne la traduction concrète de la politique sanitaire voulue par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé : garantir le droit des femmes à accoucher dans de bonnes conditions et offrir aux nouveau-nés les meilleures chances de vie.
« Aujourd’hui nous inaugurons le premier des cinq centres entamés et c’est tout à l’honneur de la région des Plateaux, singulièrement de la Commune Amou 2. En réalité, nous inaugurons ici la consolidation du droit de vivre de la mère, de la femme qui veut donner la vie. Nous renforçons le cadre pour que nos enfants, les enfants de la Republique naissent.L’Hôpital Mère-Enfant du Togo à Amou-Oblo est la réponse de l’Etat aux besoins précis des populations. Il est la démonstration de cette gouvernance voulue et imprimée par le Président du Conseil, une gouvernance fondée sur des résultats concrets, des résultats impactants pour nos concitoyens à la base »
Une réponse globale aux difficultés d’accès aux soins
Le point de départ a été la mise en place du programme Wezou de gratuité des soins pour les femmes enceintes et les nouveau-nés. En supprimant la barrière financière au moment où elle est la plus critique, l’État a posé la première brique. Mais la gratuité seule ne suffit pas s’il n’y a pas d’endroit pour soigner. D’où la deuxième étape : lancer un programme national de construction et de réhabilitation de centres mères-enfants, pensé pour corriger les déséquilibres territoriaux et rapprocher l’offre de soins des populations.
L’assurance maladie généralisée et des structures pour la faire vivre
La généralisation de l’assurance maladie a suivi. L’assurance protège le portefeuille, encore faut-il qu’il existe des structures capables de délivrer des soins de qualité. C’est dans cette logique que l’INAM et la CNSS ont été mobilisées pour équiper et faire fonctionner cette nouvelle infrastructure. L’hôpital d’Amou-Oblo n’est pas un bâtiment isolé : il est conçu pour être opéré dans l’écosystème de la couverture santé universelle.
Prenant la parole lors de l’inauguration de l’Hôpital Mère-Enfant d’Amou-Oblo, le Directeur Général de l’INAM, Justin PILANTE, revient sur le rôle de l’Institut dans la mise en œuvre de la politique nationale de santé.
Il détaille comment ce projet s’inscrit dans le déploiement de l’assurance maladie universelle et explique le modèle de partenariat public-privé qui a permis de bâtir ce premier centre de soins spécialisés mère-enfant.
« Dans cette lignée du renforcement de l’offre des services de santé de qualité sur l’ensemble du territoire, l’Institut National d’Assurance Maladie (INAM) dans sa mission d’appui à la politique nationale de santé porte le projet gouvernemental de construction et d’équipement de cinq centres modernes de soins spécialisés mère-enfant dans certaines Communes du Togo dont Amou-Oblo qui abrite et inaugure aujourd’hui, le premier. Ce projet d’envergure participe non seulement à la réalisation des objectifs de la feuille de route de transformation du pays, mais aussi et surtout, favorise la mise en œuvre de l’assurance maladie universelle (AMU) au profit des populations. Pour sa mise en œuvre, ce projet a été structuré sur un modèle innovant de partenariat public-privé et fait intervenir trois acteurs majeurs que sont l’État garant, l’INAM exécutant opérationnel, ROK Développement, une entreprise de droit néerlandais, partenaire en charge de la construction et de l’équipement »
Un modèle réplicable pour les régions
L’établissement inauguré est le premier d’une série. D’autres hôpitaux régionaux sont prévus dans l’ensemble des régions, selon la même logique : réduire les délais d’accès aux soins obstétricaux et pédiatriques, limiter les évacuations sanitaires, et créer un maillage territorial cohérent.
Un équipement concret pour des besoins concrets
Bâti sur 7 090 m² dont 2 170 m² couverts, l’hôpital dispose de 51 lits et de deux blocs opératoires modernes. Gynécologie-obstétrique, pédiatrie, chirurgie pédiatrique, maternité, néonatologie, urgences, réanimation, imagerie médicale, analyses biomédicales : la plateforme technique vise à prendre en charge sur place l’essentiel des pathologies maternelles et infantiles. L’objectif affiché est simple : éviter aux familles les longs déplacements souvent coûteux et risqués vers Lomé ou d’autres centres urbains.
La décentralisation à l’œuvre
Le projet montre aussi le rôle que joue la décentralisation quand elle est portée par des élus mobilisés. Le député-maire Meyebine-Esso Gnassingbé a rappelé les difficultés d’accès aux soins avant le projet, notamment en situation d’urgence. Il a salué l’engagement de l’État et des partenaires, et appelé le personnel à exercer avec professionnalisme et humanité. Sans l’implication des mairies et des maires pour identifier les besoins, mobiliser le foncier et assurer le suivi de proximité, une telle infrastructure ne prend pas racine.
Un projet de développement régional plus large
Amou-Oblo n’est pas un cas isolé. La dynamique visible dans la région des Plateaux inclut aussi l’université de Datcha, la réhabilitation de plusieurs stades municipaux et d’autres investissements structurants. L’hôpital s’intègre dans un projet de développement régional qui cherche à combiner services sociaux de base, éducation et équipements sportifs pour retenir les populations et créer des bassins de vie attractifs.
Le privé mobilisé en partenariat
Enfin, la construction a été rendue possible grâce à la mobilisation du secteur privé en partenariat public-privé. L’État définit le cadre, fixe les standards de service et assure la régulation, tandis que l’opérateur privé apporte son expertise dans la construction et la gestion technique. L’idée est de livrer vite, bien, et de garantir la maintenance sur la durée.
Dans son intervention, le député-maire a invité les populations à s’approprier l’hôpital et à en assurer la préservation. Car une infrastructure ne tient que si elle est utilisée à bon escient et entretenue.
L’ouverture de l’Hôpital Mère-Enfant d’Amou-Oblo marque donc plus qu’une livraison de chantier. Elle matérialise une méthode : diagnostic des blocages, séquencement des réformes, cohérence territoriale, et mobilisation conjointe de l’État, des collectivités et du secteur privé. Si le modèle se réplique comme prévu, c’est l’accès aux soins pour les femmes et les enfants qui change d’échelle dans les régions.
Prudence AFANOU

