À la veille du 66e anniversaire de l’indépendance, l’Hôpital Dogta-Lafiè a célébré ses trois ans d’existence par une marche sportive du personnel. Inauguré le 26 avril 2023 par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, l’établissement a choisi « le terrain plutôt que la tribune » pour marquer l’événement, selon son directeur général, médecin lieutenant-colonel Akata Eyouvei.
« Trois ans, c’était assez suffisant pour faire un bilan »
« Effectivement, nous fêtons nos trois ans d’existence. On s’est dit que trois ans, c’était assez suffisant pour pouvoir faire un bilan », confie le DG. Un bilan qu’il résume d’une phrase : « Je dirais qu’après trois ans, notre bilan est satisfaisant ».
Pour objectiver ce constat, la direction s’appuie sur deux séries de données. D’abord, la perception des usagers : « Nous avons essayé de faire un sondage et les gens sont satisfaits à 95% ». Ensuite, les indicateurs médicaux. Et là, le Lt-col Akata est catégorique : « Quand je dis que mon bilan est satisfaisant, je regarde le taux de guérison, le taux de mortalité. Quand vous avez un taux de mortalité qui est frais à 2%, vous ne pouvez qu’être satisfait. Quand vous avez un taux de guérison qui est autour de 95%, vous ne pouvez qu’être satisfait ».
Zéro évacuation en trois ans
Autre marqueur de performance mis en avant : l’autonomie thérapeutique. « Sur les 3 années passées, vous n’avez pas eu vraiment à demander à un patient d’être évacué parce que vous n’avez pas pu satisfaire le patient ». Une réalité que confirment les entreprises partenaires : « Pour certaines entreprises qui avaient des accidents de travail, à chaque fois, ils allaient référer les gens à l’étranger. Mais depuis que ces gens nous ont fait confiance, ils n’ont jamais eu à évacuer quelqu’un à l’extérieur ».
« Il fallait que les gens se débarrassent de leurs mauvaises habitudes »
Revenant sur les débuts, le directeur général rend hommage à ses équipes : « À la voix de mes collaborateurs, c’est d’abord de les féliciter pour le travail abattu. Ça n’a pas été facile parce que les débuts ont été difficiles. Il fallait beaucoup de rigueur, beaucoup d’exigence. Il fallait que les gens se débarrassent de leurs mauvaises habitudes ». Trois ans plus tard, le constat est net : « Les trois ans ont été vraiment des années très laborieuses. Mais je suis satisfait parce que les gens ont vite appris, ils se sont vite adaptés. Ils ont intégré la philosophie de l’hôpital : satisfaire les patients, apporter des soins de qualité ».
« L’hôpital Dogta Lafiè, c’est un hôpital pour tout le monde »
Face aux critiques sur le coût des prestations, le Lt-col Akata balaie l’idée d’un hôpital élitiste. « Quand vous êtes venu le matin, vous avez pu voir : les gens venaient à pied, les gens venaient à moto. Vous connaissez les gens qui ont de l’argent, qui vont à pied ? Donc, c’est un hôpital pour tout le monde ». Et d’ajouter : « Quand vous dites que c’est cher, c’est cher par rapport à quoi ? C’est la qualité des soins ailleurs. Le prix, c’est rien. La santé n’a pas de prix ».
Sur la question sensible des décès à l’hôpital, il appelle à la lucidité : « Quand on va à l’hôpital, c’est parce que ça ne va pas. Le médecin fait tout pour soulager les patients. Mais si quelquefois, par malchance, les gens meurent, c’est des choses qui peuvent arriver. Le but de tous les hôpitaux, c’est d’avoir zéro décès. Mais ce n’est pas possible. Les gens viennent quelquefois dans des conditions que je ne peux pas décrire ».
L’avenir : chirurgie à cœur ouvert et antenne à Dapaong
Dogta-Lafiè ne compte pas s’arrêter là. « Nous voulons aller toujours plus loin. Nous sommes dans la modernité, dans l’amélioration de notre qualité de soin », martèle le DG. Les chantiers prioritaires sont identifiés : « Nous sommes en train de créer des services d’excellence en neurologie pour que les gens n’aient plus besoin d’aller à l’extérieur ». En cardiologie, le cap est imminent : « Dans une dizaine de jours, nous allons commencer des opérations cardiaques à cœur ouvert. Nous allons travailler directement sur le cœur ». Le service de cancérologie sera, lui, « opérationnel d’ici deux mois ».
L’équité territoriale reste une boussole. « Pour ne pas oublier la population des septentrions, nous sommes en train de construire un hôpital aussi à Dapaong. D’ici quelques mois, le dossier sera opérationnel ».
La journée anniversaire s’est achevée par des échanges entre collaborateurs et un cocktail, avant la reprise du service le 27 avril. Trois ans après son ouverture, Dogta-Lafiè revendique un modèle fondé sur la rigueur, les résultats et l’accès aux soins de pointe, pour tous.

